Pa­ris, le grand fris­son

FOOT­BALL Ligue 1 (match en re­tard). Deux buts mes­sins et un coup franc de Jouffre sur la barre trans­ver­sale ont don­né des sueurs froides au PSG, qui a ar­ra­ché la vic­toire à la der­nière se­conde avec Ma­tui­di.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - YVES LE­ROY À METZ (MO­SELLE)

Ce PSG-là joue dé­ci­dé­ment sou­vent avec les nerfs des es sup­por­teurs… Dans une sai­son pleine de contra­dic­tions—et­tou­ten en­chaî­nant un hui­tième suc­cès à l’ ex­té­rieur en Ligue 1—, il a dé­pas­sé toutes les ré­fé­rences en ma­tière de stress et d’in­cons­tance. Pa­ris a bien failli aban­don­ner ses der­nières chances d’être cham­pion dans un mi­lieu de se­maine qu’il au­rait pré­fé­ré consa­crer à des quarts de fi­nale de Ligue des cham­pions. Contre le 15e du clas­se­ment, qui y croyait tel­le­ment peu qu’il avait lais­sé au re­pos la moi­tié de ses ti­tu­laires ha­bi­tuels. Et après avoir me­né 2-0 !

« Le plus im­por­tant, c’est que nous ayons ga­gné, re­tient Unai Eme­ry, dans une vi­sion très par­cel­laire de la soi­rée. Tu peux maî­tri­ser le match 90 % du temps et pen­dant les 10 % qui res­tent, tes ad­ver­saires peuvent te faire perdre un match et le cham­pion­nat. On pen­sait que ce se­rait plus fa­cile pour le PSG, mais dans le foot, tout peut chan­ger. C’est pour ça que ce sport est jo­li. »

Si le coach pa­ri­sien pré­fère in­sis­ter sur le po­si­tif, c’est que le dé­rou­le­ment de la soi­rée reste as­sez in­ex­pli­cable. Avant la pause, Ver­rat­ti et ses co­équi­piers ont te­nu le bal­lon 87 % du temps et mar­qué par Ca­va­ni et Ma­tui­di. Ils au­raient dû pas­ser la se- conde pé­riode à com­bler une par­tie de la dif­fé­rence de buts co­los­sale qui les sé­pare de Mo­na­co, le ri­val pour le titre (+46 contre +63). « On en a par­lé, mais on n’a pas mon­tré sur le ter­rain qu’on pou­vait ré­duire l’ écart », constate E mer y. Au lieu de ça, en jouant en mar­chant, le PSG a réus­si à trans­for­mer un stade Saint-Sym­pho­rien en fin de sieste en arène sur­chauf­fée, avec des sou­lè­ve­ments qui rap­pe­laient les ter­ribles sou­ve­nirs de l’éli­mi­na­tion au Camp Nou de­vant le Bar­ça.

« Nous avons be­soin d’ap­prendre comment bien uti­li­ser notre confiance pour conti­nuer à pous­ser, à être exi­geants sur le ter­rain et mar­quer plus de buts, in­siste Eme­ry. Il ne faut pas pen­ser qu’un match est ter­mi­né à 2-0. » Pa­ris a donc prou­vé le contraire. Jouffre, dé­jà au­teur du pre­mier but lor­rain (78e), a même frap­pé la barre de Trapp sur coup franc dans le temps ad­di­tion­nel (90e+ 1)…

MÉ­DI­TER LA LE­ÇON

D’une tête mi­ra­cu­leuse, Blaise Ma­tui­di a donc chan­gé le cours d’une his­toire qui al­lait très mal se ter­mi­ner. Le mi­lieu de ter­rain le sait, au mo­ment où il né­go­cie son ave­nir. Le doigt sur la tempe, il avait vi­si­ble­ment un mes­sage à faire pas­ser à la tri­bune pré­si­den­tielle où étaient ins­tal­lés le pré­sident Nas­ser Al-Khe­laï­fi, le di­rec­teur du foot­ball Pa­trick Klui­vert et le di­rec­teur spor­tif (dé­mis­sion­naire) Oli­vier Lé­tang. Ces der­nières se­maines, le PSG dé­ga­geait une confiance qui re­pous­sait la pres­sion jus­qu’en prin­ci­pau­té. Hier, les doutes sont re­ve­nus dans son camp, même s’il s’est his­sé à hau­teur de Mo­na­co, qui ne joue­ra son match en re­tard contre Saint-Etienne que dans quelques se­maines.

Pa­ris re­çoit Mont­pel­lier dès sa­me­di, à 17 heures, ce qui lui don­ne­ra l’oc­ca­sion de prendre la tête du cham­pion­nat, même tem­po­rai­re­ment, pour la pre­mière fois de­puis la 6e jour­née, il y a sept mois. D’ici là, Trapp et les siens de­vront re­te­nir la le­çon de ce qui s’est pas­sé en Lor­raine. Eme­ry la ré­sume par­fai­te­ment : « Dire, c’est fa­cile. Faire, c’est autre chose. »

Stade Saint-Sym­pho­rien (Metz). La com­mu­nion est de mise entre les Pa­ri­siens. Leur vic­toire, ar­ra­chée au bout du sus­pense, les place à éga­li­té de points avec Mo­na­co.

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