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Le Parisien (Paris) - - FOOTBALL -

u coeur de ce prin­temps en­dia­blé qui des­sine son nou­veau sta­tut d’épou­van­tail sur la scène conti­nen­tale, Mo­na­co, por­té par son suc­cès à Dort­mund (3-2), se prend à rê­ver d’une place en de­mie sans que qui­conque ne songe à le dé­cou­ra­ger.

Au-de­là de l’en­jeu spor­tif, au­cun des 22 ac­teurs ne réus­si­ra, tou­te­fois, à s’af­fran­chir d’un constat gla­çant et pé­remp­toire. Cette se­conde manche a te­nu à un fil au re­gard des évé­ne­ments dra­ma­tiques sur­ve­nus le 11 avril. Si l’at­taque vi­sant le car des joueurs du Bo­rus­sia a meur­tri le corps de Marc Bar­tra, elle a aus­si mar­qué au fer rouge ses par­te­naires. Dans les tri­bunes de Louis-II, cha­cun se res­sas­se­ra aus­si ce très mau­vais film, entre ré­volte et in­com­pré­hen­sion.

Ras­sem­blés par un for­mi­dable mou­ve­ment de fra­ter­ni­té et de so­li­da­ri­té, les supporteurs des deux camps se­ront re­mués ce soir par la même émo­tion, les mêmes pas­sions. Ils lais­se­ront écla­ter des élans où s’en­tre­choquent, pêle-mêle, la joie et la fier­té qui ha­bitent de vrais fans fi­dèles à leur iden­ti­té. A des an­nées-lu­mière des com­por­te­ments in­qua­li­fiables et nau­séa­bonds dé­plo­rés, de­puis, au Parc OL et à Fu­ria­ni.

A 20 h 45, le spectacle se trans­po­se­ra sur la pe­louse. Dans l’ab­so­lu, il faudrait alors faire une to­tale confiance au lea­deur de la L 1, l’aban­don­ner au confort sta­tis­tique de ses 96 % de chances de qua­li­fi­ca­tion. Et en­vi­sa­ger dé­jà l’im­pact de sa pré­sence dans le der­nier car­ré de la C 1, un ter­ri­toire in­con­nu des clubs fran­çais, à com­men­cer par l’om­ni­po­tent PSG, de­puis 2010. Mais ce genre de conquête ne peut pas être li­néaire. Per­sonne n’a vrai­ment ima­gi­né qu’en s’ap­pro­chant des som­mets les hommes de Jar­dim, quelque peu émous­sés, puissent main­te­nir leurs folles ca­dences. Il ar­rive un jour, dans une sai­son, où ga­gner un match de la Ligue des champions de­vient une tâche dif­fi­cile, sou­mise à une ins­pi­ra­tion gé­niale ou à un dé­tail chan­ceux. Un jour, pour ré­su­mer, la marge se ré­tré­cit.

Tout en ayant rem­por­té le match al­ler, l’ASM n’offre ain­si pas en­core l’im­pres­sion de s’avan­cer sur une au­to­route. Après une confron­ta­tion au Si­gnal Idu­na Park qui a mis au jour quelques failles allemandes lar­ge­ment sus­pec­tées, le club de la prin­ci­pau­té est donc en bal­lot­tage fa­vo­rable. Mais ce but d’avance ne creuse pas un gouffre non plus en fa­veur d’une équipe qui a ac­quis une culture européenne, mais connaît en­core des sou­bre­sauts dé­fen­sifs. Mo­na­co de­vra se mon­trer moins po­reux sur les coups de pied ar­rê­tés. Il s’agi­ra aus­si de se mé­fier du sur­saut d’or­gueil d’un ad­ver­saire, sem­blable à une bête bles­sée, ap­pa­ru lo­gi­que­ment tour­ne­bou­lé, le 12 avril, moins de vingt­trois heures après avoir été la cible d’un at­ten­tat. Des mo­teurs in­times gui­de­ront for­cé­ment les pas des par­te­naires de Reus, de re­tour de bles­sure. Pous­sé par ses ta­lents in­di­vi­duels, le club prin­cier semble, lui, moins doué pour la gestion que pour l’em­bal­le­ment. Mais en dé­pit de l’ac­ti­vi­té de Dem­bé­lé et de l’ef­fi­ca­ci­té de Au­ba­meyang, éten­dard d’un Bo­rus­sia qui tourne dans cette épreuve à 2,5 buts par rencontre à l’extérieur, il a, on le ré­pète, tout le né­ces­saire en main pour al­ler en de­mie. Et plus si af­fi­ni­tés. Pour l’ins­tant, ce­la reste une aven­ture. Après, com­mence l’épo­pée.

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