Mat­thew McCo­nau­ghey, l’homme ca­mé­léon

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - CA­THE­RINE BALLE

il n’y avait sa voix rauque de Texan qui broie les mots à la pel­le­teuse, on ne re­con­naî­trait peu­têtre pas d’em­blée Mat­thew McCo­nau­ghey. A 47 ans, le co­mé­dien est de­ve­nu le spé­cia­liste des mé­ta­mor­phoses ra­di­cales. Au point qu’on ne sait plus vrai­ment à quoi res­semble « au na­tu­rel » le hé­ros ma­gné­tique de « Mud », « Ma­gic Mike » ou « True De­tec­tive ». Au­jourd’hui à l’af­fiche de « Gold », fas­ci­nante his­toire vraie d’un cher­cheur d’or qui a fait for­tune dans une mine in­do­né­sienne, il se pré­sente be­don­nant, les dents jau­nies et le crâne ron­gé par une cal­vi­tie vo­race. « Je suis mon­té jus­qu’à 98 kg, a dé­cla­ré l’ar­tiste, qui en af­fiche d’or­di­naire 21 de moins pour 1,83 m. On m’ap­pe­lait dans ma fa­mille parce que je di­sais aux soi­rées piz­za tous les soirs, aux chee­se­bur­gers et aux bières. » Alors que le co­mé­dien s’était fait fa­bri­quer une be­daine fac­tice, il a ap­pli­qué ce ré­gime fes­tif avec un tel en­train qu’il a lais­sé la pro­thèse au ves­tiaire. L’ac­teur s’est aus­si fait ra­ser la tête. Du fond de teint clair sur le nez, les pom­mettes et le cou ont ache­vé de le faire pa­raître plus adi­peux. Dès ses pre­miers films, McCo­nau­ghey s’est amu­sé à se gri­mer. Af­fu­blé d’une mous­tache blonde et d’une coupe fa­çon Play­mo­bil dans « Gé­né­ra­tion re­belle » en 1993, il est de­ve­nu un beau gosse bron­zé pour les co­mé­dies ro­man­tiques « Com­ment se faire lar­guer en dix le­çons » et « Play­boy à sai­sir ». En 1997, il se pare de pe­tites lu­nettes rondes et d’une che­ve­lure fri­sée pour « Amis­tad », drame de Ste­ven Spiel­berg sur l’es­cla­vage. Un look aux an­ti­podes de ce­lui du strip-tea­seur en string qu’il in­carne en 2012 dans « Ma­gic Mike », film pour le­quel l’ac­teur s’est adon­né à des séances in­ten­sives de mus­cu­la­tion.

Trois ans plus tard, Mat­thew McCo­nau­ghey ne se nour­rit plus que de tranches de pou­let, de blancs d’oeuf et de Co­ca-Co­la Light et tombe à 61 kg : son rôle de cow-boy at­teint du si­da dans « Dal­las Buyers Club » lui vau­dra l’Os­car du meilleur ac­teur. Il gar­de­ra son vi­sage éma­cié pour la sé­rie « True De­tec­tive », où il porte par ailleurs le che­veu long et fi­lasse. L’an der­nier, juste après avoir ache­vé « Gold », McCo­nau­ghey a re­trou­vé une sil­houette lon­gi­ligne pour jouer dans « la Tour sombre », adap­tée de l’oeuvre de Ste­phen King. « Je fais tout ce qu’il faut pour les be­soins d’un rôle », a sim­ple­ment ré­su­mé le co­mé­dien dans un ma­ga­zine amé­ri­cain. « Gold »,

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