En de­mie avec pa­nache

Ligue des cham­pions, quarts de fi­nale re­tour. Pour la qua­trième fois après 1994, 1998 et 2004, voi­là les Mo­né­gasques dans le der­nier car­ré de l’épreuve reine.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE -

ILS ONT GA­GNÉ parce qu’ils en avaient en­vie. Pour eux, bien sûr, mais aus­si pour ces mil­liers de gens qui croient en cette for­mi­dable ad­di­tion de ta­lents. Pour écrire l’his­toire, et sur­tout leur his­toire. Car leur vie épouse les contours d’un ro­man, comme l’ont com­pris leurs in­con­di­tion­nels, qui ont su sai­sir la di­men­sion épique de l’aven­ture. Elle était donc an­non­cée, cette vic­toire des Mo­né­gasques face à Dort­mund, sy­no­nyme d’ac­ces­sion aux de­mi-fi­nales de la Ligue des cham­pions (3-1). Ils étaient sim­ple­ment plus forts. Plus grands.

La va­leur de cette for­ma­tion est en­core su­pé­rieure à la somme des très belles in­di­vi­dua­li­tés qui la com­posent. Fal­cao et les siens sont sûrs de leur force sans ja­mais être hau­tains, pré­ten­tieux, suf­fi­sants ou mé­pri­sants. Les Fran­çais les aiment parce qu’ils fran­chissent les obs­tacles avec une fa­ci­li­té désar­mante. Ils étaient im­pres­sion­nants en 2004 quand, sous la fé­rule de Di­dier Des­champs, ils s’étaient his­sés en fi­nale de cette même épreuve. Ils sont dé­sor­mais ren­ver­sants, spec­ta­cu­laires, en­thou­sias­mants. Ils en­caissent des buts pour en ins­crire en­core plus. « L’équipe ne se fixe pas de li­mites. Le pro­jet marche, se fé­li­cite Va­dim Va­si­lyev, le vice-pré­sident de l’ASM. Il faut conti­nuer avec di­manche un match dif­fi­cile à Lyon. On va jouer les deux com­pé­ti­tions à fond ( NDLR : Eu­rope et Ligue 1). De­mi-fi­na­liste, c’est dé­jà ex­cep­tion­nel, mais si on peut al­ler plus loin… »

EN­CORE DEUX MATCHS AVANT LE M IL L EN NIUM DE CAR D IF F…

Au fi­nal, la per­for­mance de Mo­na­co ne se­ra sans doute pas d’avoir bat­tu une se­conde fois le Bo­rus­sia, hier soir, dans une soi­rée pla­cée sous le signe de la con­corde et de la fra­ter­ni­té entre les sup­por­teurs des deux camps. Mais l’ex­ploit, pour l’ASM, se si­tue­rait plu­tôt dans sa ca­pa­ci­té à avoir as­su­mé un ob­jec­tif es­cor­té d’au­tant de pres­sion et d’ef­fets d’an­nonce. Quand la qua­li­fi­ca­tion vous semble pro­mise, il faut être plu­tôt cos­taud, et di­sons que Mo­na­co, en sa­chant faire co­exis­ter le pa­nache et une réelle maî­trise, l’a été.

Que lui ré­serve la suite ? Cette ques­tion se pose au-de­là même du ti­rage au sort de de­main. La suite se­ra pour cette jeune gé­né­ra­tion de sur­doués un monde nou­veau, et pour­tant le même. Seule l’échelle chan­ge­ra. Dans quinze jours, Mo­na­co et sa pé­pite Mbap­pé s’in­vi­te­ront ain­si dans ce pres­ti­gieux car­ré VIP. Puisque la pers- pec­tive d’un hui­tième titre de cham­pion de France s’offre tou­jours à lui, le club prin­cier a pra­ti­que­ment dé­jà réus­si sa sai­son.

Mais ce qu’il a mon­tré, hier soir ou face à Man­ches­ter Ci­ty au tour pré­cé­dent, donne le goût d’autre chose. Et s’il reste deux matchs de très haut ni­veau avant la fi­nale du 3 juin, il n’a pas for­cé­ment moins de chances d’al­ler au bout que les trois autres équipes - toutes la­tines - en­core en course. « Les quatre clubs en­core en lice s’ima­ginent tous bran­dir le tro­phée.Nous­som­mes­les­moin­sex­pé­ri­men­tés, mais nous joue­rons à fond notre op­por­tu­ni­té », conclut Leo­nar­do Jar­dim.

Ra­da­mel Fal­cao

Stade Louis-II (Mo­na­co), hier soir. Ber­nar­do Sil­va et ses jeunes co­équi­piers de Mo­na­co savent qu’ils ont d’ores et dé­jà réa­li­sé un très beau par­cours.

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