Lyon sous la me­nace d’une sus­pen­sion de Coupe d’Eu­rope

Une se­maine après les in­ci­dents du Parc OL et quatre jours après ceux de Fu­ria­ni, l’OL s’ap­prête à pas­ser une nou­velle soi­rée bouillante ce soir à Is­tan­bul, en quart de fi­nale re­tour de Ligue Eu­ro­pa.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT AN­THO­NY FA URE À LYON( RHÔNE)

QUELLE SE­MAINE ! « Trau­ma­ti­sés » par les mou­ve­ments de foule en plein Parc OL jeu­di der­nier, agres­sés par des sup­por­teurs bas­tiais di­manche à Fu­ria­ni, les Lyon­nais, tou­chés, en­chaînent par un dé­pla­ce­ment ô com­bien pé­rilleux à Is­tan­bul pour un quart de fi­nale dé­ci­sif de Coupe d’Eu­rope ce soir.

La der­nière vi­site en Tur­quie des joueurs du pré­sident Au­las avait eu lieu en pleine ten­ta­tive de coup d’Etat, en juillet 2016, pour un match ami­cal. Le contexte est tou­jours brû­lant à Is­tan­bul (14 mil­lions d’ha­bi­tants) où, di­manche, un ré­fé­ren­dum très ser­ré a va­li­dé en Tur­quie une ré­vi­sion de la Consti­tu­tion per­met­tant le ren­for­ce­ment des pou­voirs du chef de l’Etat, Re­cep Tayyip Er­do­gan. Mais dans le quar­tier de Be­sik­tas, 200 000 âmes, le non au ré­fé­ren- dum a avoi­si­né les 80 %. Des re­ven­di­ca­tions po­li­tiques des sup­por­teurs de Be­sik­tas, très ma­jo­ri­tai­re­ment an­ti-Er­do­gan, sont d’ailleurs at­ten­dues en marge du match face aux Lyon­nais.

DES JOUEURS TRÈS SOU­DÉS

Et l’OL dans tout ça ? Lyon s’est dé­pla­cé en tout pe­tit comité. Sans VIP, sans spon­sors, sans sup­por­teurs. Le ser­vice de sé­cu­ri­té pri­vé du club a été dou­blé. Le groupe, per­tur­bé par les der­niers évé­ne­ments, a énor­mé­ment échan­gé lun­di et mar­di. « On est sou­dés comme ja­mais », se per­suade un joueur. De la so­li­da­ri­té, du cou­rage, il en fau­dra à l’OL ce soir, contre 40 000 fans dé­chaî­nés. « C’est un pu­blic pas­sion­né, pas­sion­nel, avec des sup­por­teurs fa­bu­leux, com­me­lesCar­si,qui­re­ven­di­quentle titre de sup­por­teurs les plus bruyants d’Eu­rope », ex­plique Edouard Cis­sé, an­cien du PSG mais aus­si de Be­sik­tas entre 2007 et 2009.

L’en­jeu est im­mense pour Lyon mais aus­si pour le club turc qui a l’oc­ca­sion de dis­pu­ter pour la pre­mière fois de son his­toire une de­mi-fi­nale de Coupe d’Eu­rope. « Quand on est sur le ter­rain, c’est simple, on n’en­tend rien. Après, le mot en­fer me dé­range, avec tout ce qui est ar­ri­vé la se­maine der­nière. Oui, il va y avoir une grosse pres­sion, du bruit, des cris, une am­biance de dingue. Mais ce sont des gens ci­vi­li­sés », pour­suit Cis­sé. Avec son maigre avan­tage de l’al­ler (2-1), avec l’in­flux lais­sé lors des deux der­niers matchs, avec ses nom­breux doutes spor­tifs, l’OL doit se su­bli­mer pour pas­ser. Mais les grandes épo­pées re­gorgent de sou­ve­nirs ir­res­pi­rables…

Vo­da­fone Are­na (Is­tan­bul). L’antre de Be­sik­tas.

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