Im­plantsEs­sure:«L’hor­reur­doit­ces­ser»

Des au­di­tions ont eu lieu hier pour éva­luer le sys­tème de contra­cep­tion dé­fi­ni­tif de Bayer, ac­cu­sé de cau­ser de graves ef­fets se­con­daires. Nous y étions.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - FLORENCE MÉRÉO

Es­sure, le­vez-vous ! Certes, il n’y a pas de barre pour ac­cueillir les té­moins ou d’avo­cats pour plai­der dans la grande salle blanche. Mais der­rière les tables en bois, il s’agit bien pour les ex­perts de pas­ser au crible les im­plants de contra­cep­tion dé­fi­ni­tive du la­bo­ra­toire Bayer et de dé­ci­der de leur sort. Les ques­tions de mé­de­cins et de pa­tients fusent : « Dans quels dé­lais ap­pa­raissent les symp­tômes ? » ; « Quels sont les an­té­cé­dents des femmes ? » ; « Ne fau­drait-il pas une en­quête pu­blique na­tio­nale ? »

Pour la pre­mière fois hier, l’ANSM, l’Agence de sé­cu­ri­té du mé­di­ca­ment, a ou­vert à la presse les au­di­tions me­nées par le Comité scien­ti­fique spé­cia­li­sé tem­po­raire (CSST) char­gé d’éva­luer « le rap­port bé­né­fice/ risque » d’Es­sure pour les quelque 200 000 femmes por­teuses de ces pe­tits res­sorts im- plan­tés dans les trompes. Ce dis­po­si­tif mé­di­cal est, nous le ré­vé­lions en dé­cembre, ac­cu­sé par Re­sist, une as­so­cia­tion de vic­times, d’en­gen­drer de graves ef­fets se­con­daires : fa­tigue, dé­pres­sion, troubles mus­cu­laires, sai­gne­ments, per­fo­ra­tion de l’uté­rus… « Notre rôle est de don­ner notre avis à l’ANSM, de dire s’il faut pour­suivre ou non l’uti­li­sa­tion d’Es­sure. Et si oui, s’il y a des pré­cau­tions à prendre », pose en pré­am­bule France Lert, pré­si­dente du CSST.

Au­tour de cette spé­cia­liste de san­té pu­blique et d’épi­dé­mio­lo­gie, sept autres ex­perts in­dé­pen­dants sont ali­gnés au centre de la pièce. Gy­né­co­logue, phar­ma­cien, bio­lo­giste spé­cia­li­sé en toxi­ci­té des mé­taux, mé­de­cin gé­né­ra­liste… Pen­dant cinq heures, ils écoutent et ques­tionnent les in­ter­ve­nants. Par­mi eux, le Plan­ning fa­mi­lial s’in­quiète : « Un ar­rêt d’Es­sure risque de mettre dans l’an­goisse des mil­liers de femmes qui en sont sa­tis­faites. Nous prô­nons plu­tôt une bien meilleure in­for­ma­tion aux pa­tientes. » A cô­té, Ma­rielle Klein et Isabelle El­lis, pré­si­dente et vice-pré­si­dente de Re­sist, sont claires : il faut une sus­pen­sion. « L’hor­reur su­bie par les femmes doit ces­ser », ex­pliquent en apar­té ces deux an­ciennes por­teuses d’im­plants.

Entre émo­tion et maî­trise, elles pré­sentent au comité les ré­sul­tats de l’en­quête qu’elles ont me­née au­près des adhé­rentes de l’as­so­cia­tion. On y voit des dou­leurs chro­niques, bien au­de­là de la gy­né­co­lo­gie, et une amé­lio­ra­tion de l’état de san­té des femmes… après le re­trait des im­plants.

Mais l’étude épi­dé­mio­lo­gique de l’ANSM, réa­li­sée à par­tir des don­nées de l’As­su­rance ma­la­die, montre, elle, qu’il n’y a pas

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