« J’ai vu un homme tout en noir s’ap­pro­cher du four­gon » “

Cy­ril, 40 ans, té­moin de l’at­taque

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR L’ÉDI­TION DE PA­RIS ET C.S.

CY­RIL,40ANS, était sur les ChampsE­ly­sées quand les pre­miers coups de feu ont été ti­rés : « J’étais à l’angle de Marks & Spencer et de Za­ra, j’at­ten­dais un ami dans ma voi­ture, à 10-15 m d’un four­gon de po­lice. J’ai vu un homme tout en noir s’ap­pro­cher du four­gon, comme s’il de­man­dait un ren­sei­gne­ment et là il a sor­ti un ka­lach­ni­kov et ti­ré, avec sa main droite, té­moigne le jeune homme sous le choc. J’ai pous­sé trois ou quatre voi­tures avec la mienne et j’ai fait de­mi-tour. » L’homme a pu s’ex­traire ra­pi­de­ment des Champs-Ely­sées, mais se sou­vient que le ti­reur « por­tait une grande dou­doune noire qui lui au­rait per­mis de dis­si­mu­ler l’arme ».

Oli­vier, 37 ans, gé­rant du pub le Wa­shing­ton Post, rue Wa­shing­ton, a tout en­ten­du. « Je fu­mais ma ci­ga­rette quand j’ai en­ten­du les tirs four­nis de mi­traillette. C’était tout près de chez nous. Aus­si­tôt, il y a eu un grand mou­ve­ment de foule dans la rue. Les gens cou­raient. Je suis al­lé voir sur les Champs. J’ai vu un homme à terre près d’un ca­mion de po­lice. A ce mo­ment-là, il y a eu plein de ren­forts de po­lice. Ils te­naient en joue l’en­trée du par­king, comme si un homme s’était ré­fu­gié là. »

Lau­rine, 26 ans, et Ka­der, 29 ans, sor­taient d’un res­tau­rant rue Mar­boeuf quand ils ont en­ten­du des coups sourds au loin. « On a cru que c’était un ac­ci­dent. Puis on a vu les po­li­ciers en pa­nique. Ils nous criaient : Eva­cuez vite ! Rentrez dans les bâ­ti­ments pour vous mettre en sé­cu­ri­té », ra­conte le jeune homme. Avec sa com­pagne, ils trouvent re­fuge dans un hall d’im­meuble. « Il y avait des en­fants qui pleu­raient, des tou­ristes… »

Au même mo­ment, Maxime, 32 ans, est au ci­né­ma George-V, si­tué sur les Champs-Ely­sées. Au cours de la pro­jec­tion, le ré­gis­seur in­ter­rompt le film et pré­vient les spec­ta­teurs qu’une fu­sillade a eu lieu sur l’ave­nue. « Il nous a dit que l’on pou­vait res­ter dans la salle. Au bout de quelques mi­nutes, plu­sieurs spec­ta­teurs ont pré­fé­ré sor­tir par une porte dé­ro­bée don­nant sur une rue ad­ja­cente », ra­conte-t-il. Mais lui a pré­fé­ré res­ter sur place comme une tren­taine d’autres per­sonnes.

Au McDo­nald’s de la ga­le­rie des Champs-Ely­sées, les grilles ont été bais­sées juste après la fu­sillade. « On s’est en­fer­més avec les clients. C’est le stress com­plet », té­moigne un membre du per­son­nel. Plus loin, l’am­biance est plus se­reine au Léon de Bruxelles, où tous les clients ont dû s’en­fer­mer. « Ils ont ré­agi cal­me­ment », re­late Ni­co­las, un ser­veur. Au bout d’un mo­ment, les clients ont pu quit­ter les lieux par l’ar­rière. Au Pa­ra­dis du Fruit, clients et per­son­nel ont pa­tien­té une heure au fond de la salle. « On a fi­na­le­ment été au­to­ri­sés à sor­tir par une porte sur le cô­té. On nous a de­man­dé d’avan­cer ra­pi­de­ment, en le­vant les bras », ra­conte un couple.

Jeanne de Hau­te­serre, maire (LR) du VIIIe, était près des lieux. « Je dî­nais dans un res­tau­rant proche des Champs-Ely­sées quand j’ai été in­for­mée d’une fu­sillade. Je me suis ren­due sur place mais la po­lice vou­lait ab­so­lu­ment ex­fil­trer tout le monde par sé­cu­ri­té. Les Champs étaient vides, juste du bleu par­tout, des gy­ro­phares de po­lice. » Anne Hi­dal­go, la maire PS de Pa­ris, s’est tout de suite ren­due sur place, au PC de sé­cu­ri­té ins­tal­lé sur l’ave­nue.

ÉVACUEZ VITE ! RENTREZ DANS LES B­TI­MENTS POUR VOUS SÉ­CU­RI­TÉ.” METTRE EN DES PO­LI­CIERS SUR LES CHAMPS-ELY­SÉES

Rue de Bas­sa­no (Pa­ris VIIIe), hier soir. A la de­mande de la po­lice, les per­sonnes ex­fil­trées par sé­cu­ri­té après la fu­sillade de­vaient le­ver les mains en l’air.

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