Na­tha­lie Ar­thaud vue par… ses élèves !

La can­di­date a conti­nué pen­dant la cam­pagne à en­sei­gner dans un ly­cée d’Au­ber­vil­liers (Seine-Saint-De­nis).

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

de s’ex­pri­mer dans les urnes, Bar­ba­ra, 17 ans, en ter­mi­nale au ly­cée Le Cor­bu­sier à Au­ber­vil­liers (Seine-Saint-De­nis), vo­te­rait pour Na­tha­lie Ar­thaud, can­di­date de Lutte ou­vrière qui est aus­si sa… prof de res­sources hu­maines ! « Elle est im­pli­quée, elle es­saie de com­prendre nos pro­blèmes. J’es­père qu’elle réa­li­se­ra un bon score. Bon, ça me fe­rait quand même bi­zarre de la voir pré­si­dente », sou­rit l’ado­les­cente, qui pré­pare un bac STMG (sciences et tech­no­lo­gies du ma­na­ge­ment et de la ges­tion).

C’est l’une des élèves de « Ma­dame Ar­thaud » qui, chaque mar­di et ven­dre­di, exerce son mé­tier de pro­fes­seur d’éco­no­mie et de ges­tion dans cet éta­blis­se­ment des quar­tiers po­pu­laires. « Ici, c’est une prof comme les autres. Elle vient à vé­lo ou en bus. Elle est ai­mée des ly­céens, je ne l’ai ja­mais vu en vi­rer un de cours », confie un sur­veillant. Du­rant toute la cam­pagne pré­si­den­tielle, la trots­kiste, 47 ans, a pour­sui­vi sa mis­sion en classe, sauf cette se­maine avant le pre­mier tour ex­clu­si­ve­ment consa­crée au scru­tin.

« Je sais qu’elle est com­mu­niste, d’ex­trême gauche. Mais en classe, elle ne parle ja­mais de po­li­tique ni de son pro­gramme, elle est à fond sco­laire », note Bar­ba­ra. La de­moi­selle a re­gar­dé l’am­bas­sa­drice des « tra­vailleuses et des tra­vailleurs » à la té- lé­vi­sion lors du dé­bat des onze pré­ten­dants. « Elle a bien dé­fen­du la cause des ou­vriers. Mais elle était par­fois dure, pre­nait un air strict alors qu’avec nous, elle est très sou­riante », com­pare-t-elle.

Yas­mine, Kha­did­ja et Ta­nia, toutes trois en pre­mière ont, elles, eu la mi­li­tante comme en­sei­gnante l’an der­nier et elles en gardent un ex­cellent sou­ve­nir. « Elle fait en sorte qu’on ne s’en­nuie pas. Elle ar­rive aus­si à se faire res­pec­ter sans avoir be­soin de haus­ser le ton », ap­pré­cient-elles. « Elle a de l’au­to­ri­té. On était calmes en classe même s’il y avait quelques mo­ments de ri­go­lade », pour­suit Mous­sa qui l’a eue l’an­née der­nière, en se­conde. Il se rap­pelle qu’elle avait évo­qué la loi Tra­vail. « On sen­tait que ça ne lui conve­nait pas », dit-il. « Avec elle, l’éco­no­mie, c’était simple à com­prendre même si les su­jets sont au dé­part com­pli­qués », ra­conte son ca­ma­rade Thal­ha. Et quand elle cor­rige les co­pies, elle est comment l’agré­gée d’éco­no­mie pré­sente di­manche dans tous les bu­reaux de vote ? « Au bac blanc, elle a no­té sé­vère, si­non ça va », juge une ter­mi­nale.

De­vant le ly­cée, rares sont les voix à por­ter un ju­ge­ment cri­tique sur « Ma­dame Ar­thaud ». « En cours, elle ne nous tire pas vers le haut, elle est sèche, un peu hau­taine », tacle, tout de même, une re­belle qui pré­fère gar­der l’ano­ny­mat. Elle, est dé­jà élec­trice. « Elle a bien as­su­ré au dé­bat, j’ai été fière d’elle mais je ne vo­te­rai pas Ar­thaud », pré­vient-elle. En­core une in­dé­cise. « Je vais choi­sir Mé­len­chon. Ou peut-être Ha­mon parce que c’est un beau gosse… »

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