LPAOTPEUNT LAITSITOEN

Un se­cond tour Jean-Luc Mé­len­chon - Ma­rine Le Pen ? Ce scé­na­rio, qui sem­blait im­pos­sible il y a quelques se­maines, mon­tre­rait l’am­pleur du re­jet du sys­tème par les élec­teurs.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

ses mee­tings qu’elle veut lui re­don­ner le pou­voir. Prô­nant, au pas­sage, comme Mé­len­chon, le re­cours aux référendums. En France, quelque 40 % des élec­teurs se­raient ten­tés par cette vague an­ti­sys­tème qui a aus­si bous­cu­lé la Grande-Bre­tagne, l’Al­le­magne, les Pays-Bas et les Etats-Unis.

Bien sûr, le Front na­tio­nal n’est pas la France in­sou­mise et il ne s’agit pas de mettre ces deux par­tis sur le même plan. Le mou­ve­ment d’ex­trême droite fait de la lutte contre l’is­la­misme et l’im­mi­gra­tion le fer de lance de sa re­con­quête… Mé­len­chon a, certes, rem­pla­cé « l’In­ter­na­tio­nale » par « la Mar­seillaise » et le dra­peau rouge par la ban­nière tri­co­lore, mais en pre­nant soin de dé­fendre une laï­ci­té ou­verte sans stig­ma­ti­ser per­sonne.

Ce qui réunit le FN et la France in­sou­mise, c’est qu’ils ex­priment la même co­lère et les mêmes es­poirs de cette par­tie — de plus en plus grande — de la po­pu­la­tion lais­sée sur le bord de la route par la mon­dia­li­sa­tion et en quête d’une iden­ti­té plus pro­tec­trice ou plus af­fir­mée. Les deux lea­deurs po­pu­listes ont aus­si en com­mun un bouc émis­saire : l’Union eu­ro­péenne. « Je crois que l’Eu­rope qui a été construite, c’est une Eu­rope de la vio­lence so­ciale, une Eu­rope de la vio­lence po­li­tique, comme nous l’avons vu ap­pli­quer à Chypre et à la Grèce, et une Eu­rope de la vio­lence guer­rière, comme celle que vous êtes en train de pré­pa­rer face à la Rus­sie », avait lan­cé, en juillet der­nier, Mé­len­chon aux par­le­men­taires eu­ro­péens. Des pro­pos que ne re­nie­rait pas Ma­rine Le Pen.

De quoi ef­fa­rou­cher beau­coup de monde, des chefs d’en­tre­prise en pas­sant par les re­trai­tés, qui, au mo­ment de glis­ser leur bul­le­tin dans l’urne, pour­raient s’in­quié­ter des consé­quences d’une telle re­mise à plat, ins­ti­tu­tion­nelle, po­li­tique, éco­no­mique et so­ciale… Li­bé­rés des ri­gueurs bruxel­loises, Ma­rine Le Pen et Jean-Luc Mé­len­chon creu­se­raient en ef­fet des dé­fi­cits à tour de bras, sans s’em­bar­ras­ser de l’en­det­te­ment ni des créan­ciers, étran­gers mais aus­si fran­çais, au­près de qui la France em­prunte.

C’est bien un nou­veau « sys­tème » que veulent ins­ti­tuer ces deux can­di­dats qui, der­rière une nor­ma­li­sa­tion ou une dé­dia­bo­li­sa­tion de fa­çade, ap­pellent à une rup­ture to­tale, y com­pris dans le do­maine cultu­rel et dans les mé­dias que l’un et l’autre n’ont de cesse de vi­li­pen­der. Et qu’ils en­vi­sagent d’ailleurs de pla­cer sous contrôle : Mé­len­chon sous l’égide d’un « Con­seil na­tio­nal des mé­dias », et Ma­rine Le Pen en ré­for­mant le CSA. Pas for­cé­ment de très bon au­gure…

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