Per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens : même chez les en­fants

Dans une en­quête pu­bliée hier, « 60 Mil­lions de consom­ma­teurs » in­siste sur le be­soin de ré­gle­men­ter.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CO­RA­LIE GARANDEAU

phta­lates, pes­ti­cides ou mé­taux lourds… Com­bien de fois fau­dra-t-il ti­rer la son­nette d’alarme contre les per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens ? Une nou­velle étude, me­née par « 60 Mil­lions de consom­ma­teurs » et pu­bliée hier, est sans ap­pel : les che­veux de 43 filles et gar­çons âgés de 10 à 15 ans tes­tés contiennent tous des traces de 119 sub­stances no­cives sur les 254 re­cher­chées par le la­bo­ra­toire. Plas­ti­fiants, pes­ti­cides ou mé­taux lourds… l’or­ga­nisme des ado­les­cents contient 34 conta­mi­nants en moyenne. Et ce, qu’ils vivent en ville, à la mer ou à la cam­pagne. Ces ré­sul­tats font craindre une ex­po­si­tion des pe­tits Fran­çais à ces « sub­stances étran­gères à l’or­ga­nisme qui in­ter­fèrent avec le sys­tème hor­mo­nal ». A faible dose ou en cock­tail, ces mo­lé- cules sont sus­pec­tées d’af­fec­ter le dé­ve­lop­pe­ment de l’en­fant, dès sa vie in ute­ro. L’en­quête in­siste sur le be­soin de ré­gle­men­ta­tion. « La France a in­ter­dit le bis­phé­nol A dans les bi­be­rons et les conte­nants ali­men­taires », re­marque « 60 Mil­lions de consom­ma­teurs », mais les ex­perts sou­haitent que les sub­sti­tuts uti­li­sés fassent l’ob­jet d’études. « On dé- tecte du Bis­phé­nol S et du F sur nos échan­tillons », confirme l’in­gé­nieur char­gé de l’étude.

« On est au bord d’une crise sa­ni­taire ma­jeure, comme celle de l’amiante », s’im­pa­tiente Syl­vie Met­ze­lard, ré­dac­trice en chef du ma­ga­zine. « L’Eu­rope doit ré­agir et les in­dus­triels doivent fi­nan­cer de la re­cherche sur ces sub­sti­tuts. Les consom­ma­teurs ont une arme : leur porte-mon­naie. Ils doivent re­fu­ser ces pro­duits pour que les fa­bri­cants trouvent des al­ter­na­tives cré­dibles. » Il y a ur­gence car, comme le sou­ligne Ber­nard Jé­gou, di­rec­teur de l’In­serm, l’ef­fet no­cif des per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens n’est plus à prou­ver : ses tests montrent no­tam­ment leur im­pact sur la perte des points de QI, les troubles de la concen­tra­tion ou la pro­duc­tion de tes­to­sté­rone, cause d’in­fer­ti­li­té.

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