Pri­vée­de­mat­chà­cau­se­de­son­voile

Une femme en­traî­neur de foot est in­ter­dite de fi­nale ré­gio­nale en rai­son du port d’un signe re­li­gieux.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

rè­gle­ment de la Ligue, qui s’ins­pire de ce­lui de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de foot­ball, in­ter­dit « tout port de signes ou te­nues re­li­gieux, tout af­fi­chage ou com­por­te­ment à ca­rac­tère idéo­lo­gique ou re­li­gieux, tout acte de pro­sé­ly­tisme ». De­puis le dé­but de la sai­son, per­sonne n’avait mis en garde Es­sia. « Le foot­ball doit ras­sem­bler tout le monde : Noirs, Blancs, Asia­tiques, chré­tiens, juifs, mu­sul­mans. Et là, on veut m’ex­clure de l’équipe que j’en­traîne en rai­son d’un simple bout de tis­su qui est sur ma tête. C’est vrai­ment dom­mage. »

Le pré­sident de l’AS Su­rieux, Amar Ben­gue­douar, la sou­tient : « On n’ira pas jouer cette fi­nale sans elle. Es­sia n’a ja­mais po­sé de pro­blème avec son voile. Et là, parce que l’on est un peu plus vi­sibles en se re­trou­vant en fi­nale d’une coupe ré­gio­nale, on nous dit stop. Ce n’est pas nor­mal. »

La Ligue Au­vergne-Rhô­neAlpes peut-elle vrai­ment in­ter­dire à Es­sia de por­ter le voile au bord des ter­rains ? Se­lon Ni­co­las Ca­dène, rap­por­teur gé­né­ral de l’Ob­ser­va­toire de la laï­ci­té, qui dé­pend du gou­ver­ne­ment, « il faut dé­ter­mi­ner si cette jeune femme par­ti­cipe à une mis­sion de ser­vice pu­blic. Si c’est le cas, elle est sou­mise à un de­voir de neu­tra­li­té. Si elle n’est pas liée à l’ad­mi­nis­tra­tion, elle peut por­ter le voile. » Le pré­sident de l’AS Su­rieux affirme, lui, qu’Es­sia tra­vaille uni­que­ment pour son club et qu’elle ne dé­pend pas de la Fé­dé­ra­tion.

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