A Mar­seille, les ter­ro­ristes pré­pa­raient plu­sieurs at­taques

Un ar­se­nal a été re­trou­vé chez les deux hommes ar­rê­tés mar­di.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR JEAN-MI­CHEL DÉCUGIS, AVEC N.J.

LES DEUX TER­RO­RISTES pré­su­més in­ter­pel­lés mar­di à Mar­seille (Bouches-du-Rhône) s’ap­prê­taient à com­mettre des ac­tions en sé­rie lors de l’élec­tion pré­si­den­tielle. C’est en tout cas la convic­tion des en­quê­teurs de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI), même si ces der­niers ne peuvent dé­ter­mi­ner pour l’ins­tant le(s) jour(s) et les cibles vi­sées. Ce type de scé­na­rio d’at­taques si­mul­ta­nées, ou plus vrai­sem­bla­ble­ment à ré­pé­ti­tion, par un pe­tit nombre d’au­teurs — par na­ture plus dif­fi­ciles à iden­ti­fier —, est re­dou­té de­puis long­temps par les spé­cia­listes de l’an­ti­ter­ro­risme.

L’im­por­tant ar­se­nal dé­cou­vert dans l’ap­par­te­ment de la rue de Cri­mée, à Mar­seille, laisse pen­ser aux po­li­ciers que Clé­ment Baur, 23 ans, et Ma­hie­dine Me­ra­bet, 29 ans, n’en­vi­sa­geaient pas une at­taque ka­mi­kaze. ILS VOU­LAIENT FIL­MER LEURS AC­TIONS Trois ki­los de TATP, cet ex­plo­sif ar­ti­sa­nal uti­li­sé lors des at­ten­tats du 13 no­vembre 2015, ont été re­trou­vés dans un pla­card en train de sé­cher sur des éta­gères, à trois stades d’éla­bo­ra­tion dif­fé­rents, dont l’un prêt à l’usage. Mais deux en­gins ex­plo­sifs bour­rés de TATP ont aus­si été dé­ni­chés : une grenade ar­ti­sa­nale de 250 g et des pla­quettes consti­tuées de mèches lentes in­té­grées. Autre in­dice d’une pro­bable mul­ti­pli­ci­té d’at­taques, les deux hommes avaient pré­vu d’ agir vi­sage mas­qué ou gri­mé. Les po­li­ciers ont dé­cou­vert dans l’ap­par­te­ment trois cas­quettes, une ca­goule noire, un masque de type Ano­ny­mous et une per­ruque.

Une ca­mé­ra Go Pro avec har­nais et du ma­té­riel in­for­ma­tique et nu­mé­rique ont aus­si été dé­cou­verts. Les en­quê­teurs sont convain­cus que les ter­ro­ristes comp­taient fil­mer leurs tue­ries pré­su­mées, comme Mo­ha­med Me­rah en 2012, puis pos­ter les images sur In­ter­net. Hier, Clé­ment Baur et Ma­hie­dine Me­ra­bet ont été trans­fé­rés au siège de la DGSI, à Le­val­lois-Per­ret (Hauts-de-Seine), où, en­ten­dus, ils conti­nu aient dans la soi­rée de res­ter muets.

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