En plein dé­bat sur France 2, les onze can­di­dats réa­gissent

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR HEN­RI VER­NET

LA NOU­VELLE DE L’AT­TAQUE est tom­bée en pleine émis­sion de France 2 avec les onze can­di­dats à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique. Pre­mier à ré­agir, et, du coup, à bri­ser le cadre for­mel im­po­sé par Léa Sa­la­mé et Da­vid Pu­ja­das, Em­ma­nuel Ma­cron : le can­di­dat d’En Marche !, qui sait qu’il est at­ten­du sur ce ter­rain du ter­ro­risme et de la sé­cu­ri­té, rend hom­mage aux forces de l’ordre. « Pré­si­der, c’est pro­té­ger », dit-il tout en ap­pe­lant à « ne pas cé­der à la peur ».

Mais c’est Fran­çois Fillon qui, étant le der­nier à pas­ser ce grand oral, en fe­ra le plus sur le su­jet, as­su­rant les po­li­ciers « de la so­li­da­ri­té de la na­tion ». Il est vrai aus­si qu’il est par­ti­cu­liè­re­ment concer­né, puis­qu’il sem­blait être la cible des deux ter­ro­ristes pré­su­més de l’at­ten­tat dé­joué mar­di à Mar­seille (lire ci-contre). Vrai aus­si — même si tous se gardent de toute ré­cu­pé­ra­tion — qu’il peut faire va­loir sur ce thème son ex­pé­rience d’an­cien Pre­mier mi­nistre. Le can­di­dat des Ré­pu­bli­cains, qui dé­nonce dans sa cam­pagne « le to­ta­li­ta­risme is­la­mique » — « is­la­miste » a-t-il plus jus­te­ment dit hier soir — an­nonce d’ailleurs qu’il an­nule tous les dé­pla­ce­ments pré­vus de sa cam­pagne. « La lutte contre le ter­ro­risme, dé­ve­loppe Fillon, doit être la prio­ri­té ab­so­lue du pro­chain pré­sident. Il fau­dra une vraie coa­li­tion in­ter­na­tio­nale. » Elle existe ? le coupe la jour­na­liste. « Non, au lieu de se re­gar­der en chiens de faïence, il faut ac­cep­ter de s’al­lier avec les Russes, les Ira­niens, tous ceux prêts à com­battre Daech, Bo­ko Ha­ram, les ta­li­bans… »

UN TON GRAVE ET DÉ­TER­MI­NÉ

« Nous adres­sons une pen­sée émue à la fa­mille du po­li­cier tué et à celles des deux po­li­ciers bles­sés », di­ra Jean-Luc Mé­len­chon. Se fai­sant le porte-pa­role de tous les can­di­dats, le ti­rage au sort l’ayant dé­si­gné pre­mier à par­ler dans le tour de table fi­nal, le can­di­dat de la France in­sou­mise trouve les mots justes. Tout en aver­tis­sant que la cam­pagne et sur­tout la dé­mo­cra­tie ne doivent pas être dé­na­tu­rées par ces vio­lences : « Pas de pa­nique, sur­tout ne pas in­ter­rompre le pro­ces­sus de notre dé­mo­cra­tie », dit-il. Et d’af­fir­mer que « les vio­lents n’au­ront pas le der­nier mot ». Même to­na­li­té grave et dé­ter­mi­née pour Be­noît Ha­mon, qui ex­prime son « sou­tien to­tal aux forces de l’ordre contre le ter­ro­risme ».

Ma­rine Le Pen, qui avait été au­di­tion­née avant la nou­velle et s’était conten­tée de ré­agir sur Twit­ter, est sans sur­prise la plus vi­ru­lente. Ter­ro­risme et is­la­misme ne forment-ils pas son che­val de ba­taille ? Plus que des mots de com­pas­sion, elle veut « un plan d’at­taque contre ce ter­ro­risme is­la­miste » mar­tèle-t-elle.

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