L’Ely­sée a vou­lu don­ner le ton

Le Parisien (Paris) - - News - AVA DJAMSHIDI

« VOUS IMAGINEZ les consé­quences d’un at­ten­tat avant la pré­si­den­tielle ? » lâ­chait il y a quelques mois un poids lourd du gou­ver­ne­ment. Le cau­che­mar tant re­dou­té au som­met de l’Etat est de­ve­nu réa­li­té. Un nou­vel at­ten­tat, à la veille du pre­mier tour sur l’ave­nue la plus tou­ris­tique de Pa­ris, à deux pas du pa­lais pré­si­den­tiel. Un po­li­cier as­sas­si­né…

Moins d’une de­mi-heure après les coups de feu, les té­lé­phones se mettent à chauf­fer entre l’Ely­sée, Ma­ti­gnon et la Place Beau­vau. Très vite, le mi­nistre de l’In­té­rieur, Mat­thias Fekl, est envoyé sur place tan­dis que Ber- nard Ca­ze­neuve file re­joindre Fran­çois Hol­lande. Le garde des Sceaux, Jean-Jacques Ur­voas, ar­rive à son tour à l’Ely­sée pour pré­pa­rer la dé­cla­ra­tion que Hol­lande va pro­non­cer dans la soi­rée.

CA­ZE­NEUVE SORT LES GANTS DE BOXE

« Dans ce genre de mo­ment, ce qui compte, c’est de ré­agir ra­pi­de­ment et avec sang-froid. On ne vou­lait pas de pa­role désor­don­née. Il fal­lait que l’exé­cu­tif puisse don­ner le ton », ex­plique un proche du pré­sident. D’au­tant que, sur le pla­teau de France 2, les onze can­di­dats à la pré­si­den­tielle ont com­men­cé à ré­agir en di­rect.

Sur le per­ron de l’Ely­sée, lors d’une al­lo­cu­tion of­fi­cielle, le chef de l’Etat leur em­boîte le pas. D’em­blée, il évoque la « piste ter- ro­riste ». Un Conseil de dé­fense est convo­qué dès le len­de­main. Au­tour de Fran­çois Hol­lande, hier ma­tin, Ber­nard Ca­ze­neuve, Jean-Yves Le Drian (Dé­fense), Jean-Marc Ay­rault (Af­faires étran­gères), Jean-Jacques Ur­voas (Jus­tice) et Mat­thias Fekl (In­té­rieur) évoquent la pro­tec­tion de l’élec­tion. Si l’en­semble du dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té ini­tia­le­ment pré­vu est main­te­nu, dé­ci­sion est prise de le ren­for­cer dans cer­taines zones. « Il est par­fai­te­ment adap­té », mar­tèle-t-on à l’Ely­sée alors que Ber­nard Ca­ze­neuve, de­puis Ma­ti­gnon, sort les gants de boxe pour dé­non­cer « l’ou­trance » de Ma­rine Le Pen et de Fran­çois Fillon. « Ces deux can­di­dats n’ont d’autre but que de di­vi­ser à des fins élec­to­rales, jus­ti­fie l’un de ses conseillers. Ca­ze­neuve n’est can­di­dat à rien, mais jus­qu’au bout, le gou­ver­ne­ment est ga­rant de l’uni­té na­tio­nale. » Une co­hé­sion, af­fi­chée par les can­di­dats, qui n’a pas ré­sis­té long­temps.

Ely­sée (Pa­ris, VIIIe), hier. Le Conseil de dé­fense convo­qué par Fran­çois Hol­lande.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.