Pre­mier­feu­ver­tau­pan­créa­sar­ti­fi­ciel

Le concep­teur fran­çais de l’ap­pa­reil ré­gu­lant la gly­cé­mie des dia­bé­tiques vient d’ob­te­nir l’au­to­ri­sa­tion de réa­li­ser une étude cli­nique. Ob­jec­tif : une com­mer­cia­li­sa­tion dé­but 2018.

Le Parisien (Paris) - - Societe - FLORENCE MÉRÉO

une ré­plique d’or­gane, im­plan­tée aux pa­tients lors d’une longue opé­ra­tion. Il n’en est rien. Le pan­créas ar­ti­fi­ciel, pour le­quel ses concep­teurs ont an­non­cé jeu­di le lan­ce­ment d’une grande étude cli­nique, c’est… une mi­cro­pompe de 32 g fixée sur le bras, le ventre, ou le haut de la fesse, un cap­teur et un smart­phone ! « Voi­là, c’est tout, et tout ce­la as­sure la même fonc­tion que l’or­gane vi­tal qu’est le pan­créas », note le doc­teur Guillaume Char­pen­tier, pré­sident du Centre d’études et de re­cherches pour l’in­ten­si­fi­ca­tion du trai­te­ment du dia­bète (CERITD), très en pointe sur le pro­jet.

Si­tuée dans l’ab­do­men, cette glande en forme de pa­tate douce pro­duit no­tam­ment l’in­su­line, hor­mone in­dis­pen­sable pour ré­gu­ler le taux de sucre dans l’or­ga­nisme. Alors, Dia­be­loop, l’ap­pa­reil mi­mant l’or­gane dé­faillant, pour­rait être une vé­ri­table ré­vo­lu­tion pour les per­sonnes dia­bé­tiques de type 1 (celles dont le pan­créas ne fa­brique pas l’in­su­line), soit près de 200 000 per­sonnes en France. « On a de l’es­poir, beau­coup d’es­poir », as­sure So­phie Ba­ratte, la di­rec­trice de Cell­no­vo, co­dé­ve­lop­peur du pro­jet avec Dia­be­loop. Jeu­di, les deux so­cié­tés ont an­non­cé avoir re­çu le feu vert de l’ANSM, le gen­darme du mé­di­ca­ment, pour lan­cer une étude cli­nique in­cluant 60 pa­tients adultes dans 12 hô- pi­taux, en vue d’ob­te­nir le mar­quage CE de leur pan­créas ar­ti­fi­ciel né en 2011. En clair : si les études se passent bien, une com­mer­cia­li­sa­tion pour­rait avoir lieu dé­but 2018. La bonne nou­velle mé­di­cale in­ter­vient alors que la pré­va­lence du dia­bète (qui ac­croît les risques car­diaques, de cé­ci­té, d’am­pu­ta­tion, les in­suf­fi­sances ré­nales…) a presque dou­blé de­puis les an­nées 1980. Or, il ne se gué­rit pas.Aux Etats-Unis, Med­tro­nic a re­çu en sep­tembre l’au­to­ri­sa­tion de com­mer­cia­li­ser son pan­créas syn­thé­tique, se­mi-au­to­ma­tique. Dia­be­loop, lui, l’est to­ta­le­ment : « Il as­sure l’au­to­ma­ti­sa­tion com­plète de la dis­tri­bu­tion d’in­su­line après avoir cal­cu­lé en temps réel les be­soins de la per­sonne », ex­plique So­phie Ba­ratte.

Qu’est-ce que ce­la change pour les dia­bé­tiques ? « C’est simple, vous avez des gens qui, de­puis qu’ils sont ga­mins, doivent gé­rer leur gly­cé­mie et ac­ti­ver eux-mêmes leur pompe à in­su­line. S’ils se gourent dans les doses, ils peuvent faire une hy­po­gly­cé­mie, ça veut dire se mettre à trem­bler, être en sueur pen­dant quinze mi­nutes au bou­lot, tom­ber par terre. L’autre risque c’est de fa­ti­guer le coeur, les reins, les jambes…, liste Guillaume Char­pen­tier. Avec Dia­be­loop, ils n’au­ront plus rien à faire. On peut d’au­tant plus dire co­co­ri­co que c’est le fruit d’un tra­vail fran­çais. »

A Be­san­çon, Caen, Evry, Gre­noble, Lyon, Tou­louse… les pa­tients vont tes­ter le sys­tème dans les centres mé­di­caux mais aus­si dans leur « vraie » vie, au tra­vail, à la mai­son, en fai­sant du sport… Si l’es­sai est trans­for­mé, ce dis­po­si­tif pour­rait évi­ter 10 000 hos­pi­ta­li­sa­tions et un mil­lier de dé­cès par an.

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