« Le pro­chain lan­ce­ment d’Ariane 5 au­ra lieu dé­but mai »

Pré­sident du Centre na­tio­nal d’études spa­tiales (Cnes).

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE -

du Cnes et, à ce titre, du centre spa­tial guya­nais, Jean-Yves Le Gall tire un pre­mier bi­lan du blo­cage de la base de Kou­rou. que rien de dra­ma­tique ne se soit pro­duit. Le lan­ce­ment pré­vu le 21 mars a été ajour­né quand les évé­ne­ments ont écla­té. Au to­tal, trois lan­ce­ments ont été dé­ca­lés. Nous al­lons main­te­nant faire un état des lieux et re­mettre la base en route. Il fau­dra une di­zaine de jours. Nous es­pé­rons que le pro­chain lan­ce­ment d’Ariane 5 au­ra lieu dé­but mai et, en­suite, que les tirs re­pren­dront nor­ma­le­ment. Le chan­tier de la fu­sée Ariane 6, que nous avons in­ter­rom­pu il y a quatre se­maines, va lui aus­si pou­voir re­dé­mar­rer. Le­vons les der­niers bar­rages et re­par­tons dans un par­te­na­riat ga­gnant­ga­gnant pour la Guyane. On fe­ra les comptes à la fin de l’an­née. Si l’on par­vient à notre ob­jec­tif de 12 lan­ce­ments dans l’an­née, il se­ra plus fa­cile de lis­ser les coûts de la crise. Nous avons sur place 1 700 sa­la­riés, dont 70 % sont des contrats lo­caux, et la base gé­nère 9 000 em­plois in­di­rects. Ce­la fait de nous — et de loin — le plus gros em­ployeur de la Guyane. Nous avons néan­moins dé­ci­dé d’ac­cen­tuer nos ef­forts. Sur les 170 M€ in­ves­tis chaque an­née, nous consa­crons hors ac­ti­vi­tés spa­tiales, jus­qu’à pré­sent, de l’ordre de 10 mil­lions au dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique de la Guyane. Ce bud­get va être aug­men­té de fa­çon sen­sible. J’ai de­man­dé aus­si qu’une part im­por­tante du chan­tier d’Ariane 6 soit réa­li­sée lo­ca­le­ment : sur 500 mil­lions, une cen­taine ira à des en­tre­prises guya­naises que l’on a ai­dées à ré­pondre aux ap­pels d’offres. En­fin, j’ai in­sis­té pour que le chan­tier ac­cueille en in­ser­tion une cen­taine de jeunes en dif­fi­cul­té qui sont fiers de tra­vailler là et re­partent avec une qua­li­fi­ca­tion, ce qui est la meilleure fa­çon de pré­pa­rer l’ave­nir. Non. Kou­rou, c’est cin­quante ans de suc­cès. Je suis content que cette crise s’achève mais il ne faut pas en dra­ma­ti­ser les consé­quences. Des dif­fi­cul­tés, tous nos concur­rents en ont. Il y a eu des échecs en vol, nous n’en avons pas et les in­cen­dies en Ca­li­for­nie ont obli­gé ré­cem­ment à fer­mer le pas de tir. Dans quelques se­maines, la crise so­ciale en Guyane ne se­ra plus qu’un loin­tain sou­ve­nir.

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