Le pe­lo­ton pleure Scar­po­ni

L’Ita­lien, vain­queur du Gi­ro en 2011, est dé­cé­dé hier ma­tin dans un ac­ci­dent de la route alors qu’il était à l’en­traî­ne­ment. Un drame qui bou­le­verse le monde du cyclisme.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - THÉOANBERRÉE

d’al­ler je­ter un oeil, hier, sur les ré­seaux so­ciaux pour me­su­rer le choc, pour com­prendre la dou­leur d’un monde du cyclisme dé­vas­té par la ter­rible nou­velle, la perte de l’un des leurs. Mi­chele Scar­po­ni, si fier d’ex­hi­ber quelques heures plus tôt sur ces mêmes ré­seaux, un cli­ché de lui avec ses ju­meaux de 4 ans, a en ef­fet été fau­ché sur la route en Ita­lie, per­cu­té par une ca­mion­nette lors d’une sor­tie d’en­traî­ne­ment.

Scar­po­ni, 37 ans, avait rem­por­té cette se­maine la pre­mière étape du Tour des Alpes et pré­pa­rait le Gi­ro, dont la 100e édi­tion par­ti­ra le 5 mai et qu’il avait rem­por­té en 2011. « C’est une trop grande tra­gé­die pour qu’elle puisse être écrite, com­mu­ni­quait As­ta­na, son équipe, quelques heures après le drame. Mi­chele est dé­cé­dé alors qu’il s’en­traî­nait près de chez lui à Fi­lot­tra­no. »

L’ac­ci­dent a bou­le­ver­sé le pe­lo­ton. Parce qu’il touche un cou­reur qui, mal­gré ses deux ans de sus­pen­sion entre 2006 et 2008 pour son im­pli­ca­tion dans l’af­faire Puer­to (il avait avoué s’être pro­cu­ré des pro­duits do­pants) et sa col­la­bo­ra­tion pas­sée avec le mé­de­cin Mi­chele Fer­ra­ri, fai­sait l’una­ni­mi­té. No­tam­ment pour sa joie de vivre et sa bonne hu­meur. « Il avait tou­jours le sou­rire », sou­ligne ain­si Greg Van Aver­maet, cham­pion olym­pique et vain­queur du der­nier Pa­ris-Rou­baix. « Son sou­rire était conta­gieux », pro­longe Al­ber­to Con­ta­dor. Mark Ca­ven­dish : « Dé­vas­té. Il était d’une gen­tillesse rare. » « Quelle tris­tesse d’ap­prendre la dis­pa­ri­tion d’un des cou­reurs les plus drôles du pe­lo­ton », ré­sume Alexandre Ge­niez.

Pierre Rol­land, lui, se sou­vient qu’« hier, on rou­lait en­semble comme des ca­dets à s’at­ta­quer dans les mon­tées, les des­centes… on fai­sait des sprints. Mais tou­jours une poi­gnée de main après l’ar­ri­vée : une ri­go­lade et une tape dans le dos ! » Mais si la mort tra­gique de Scar­po­ni les bou­le­verse tant, c’est aus­si parce que, comme le rap­pellent cer­tains, ces ac­ci­dents touchent trop sou­vent les cou­reurs. « Co­lère ! Tris­tesse ! Par­ta­geons la route ! Amis cy­clistes, pre­nez soin de vous ! », im­plore ain­si Ar­naud Dé­ma- re. Quand Jé­rôme Pi­neau, lui, supplie : «Oh­noooon.Pas­toi,pas­lui,pa­sen­core un des nôtres. » Comme un rap­pel que­ces­dra­mes­de­la­rou­teen­deuillent ré­gu­liè­re­ment ce sport. En mars der­nier, le Fran­çais Ro­main Guyot, jeune es­poir de l’équipe Ven­dée U (23 ans), avait per­du la vie après avoir été per­cu­té par un poids lourd. Ce ma­tin, As­ta­na­se­ra­mal­gré­tou­tau­dé­part­deLiège-Bas­togne-Liège. Le coeur lourd, si lourd. Comme tout le pe­lo­ton.

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