Ma­cron veut ga­gner avec la ma­nière

Le Parisien (Paris) - - PRÉSIDENTIELLE 2017 - PAR PAU­LINE THÉVENIAUD (TEXTE) ET OLI­VIER LEJEUNE (PHO­TO) @Pau­li­ne_Th

LE HALL 5 de la porte de Ver­sailles à Pa­ris (XVe) est plon­gé dans une am­biance boîte de nuit. La so­no est pous­sée à son maxi­mum, les mi­li­tants se dé­hanchent gen­ti­ment. La cla­meur enfle à me­sure que le vo­lume baisse. Em­ma­nuel Ma­cron, 39 ans et ja­mais élu, ac­com­pa­gné de son épouse Bri­gitte, mines ra­dieuses, montent sur scène. Le can­di­dat d’En Marche !, qui s’était don­né pour ob­jec­tif d’ar­ri­ver « pre­mier », a rem­por­té son pa­ri. Hier soir, il a vi­ré en tête du pre­mier tour, avec 23,9% des voix( ré­sul­tats par­tiel sà2h 30). Le ton se fait so­len­nel lors­qu’il prend la pa­role pas­sé 22 heures. « Je me­sure l’hon­neur et l’in­signe res­pon­sa­bi­li­té qui me re­viennent. Une joie grave et lu­cide m’ha­bite. » Et Ma­cron de se po­ser en ras­sem­bleur, sa­luant d’em­blée ses concur­rents du pre­mier tour, alors que François Fillon et Be­noît Ha­mon ont ap­pe­lé à vo­ter pour lui.

Deux heures plus tôt, lorsque son vi­sage est ap­pa­ru sur l’écran à cô­té de ce­lui de Ma­rine Le Pen, une longue cla­meur puis une « Mar­seillaise » ont par­cou­ru le hall 5. Sta­nis­las Gue­ri­ni, ré­fé­rent pa­ri­sien du mou­ve­ment, a les larmes aux yeux. « C’est in­croyable. Je suis tout son­né. C’était in­ima­gi­nable », souffle ce­lui qui a vu naître En Marche ! L’an­cien juge an­ti­cor­rup­tion Eric Hal­phen sa­voure, « hy­per heu­reux » du ré­sul­tat. « On a toutes nos chances, mais il faut faire at­ten­tion. On ne s’étonne même plus de la pré­sence du FN au se­cond tour… », em­braye Paul, 22 ans. Le vi­sage de Flo­rian Phi­lip­pot ap­pa­raît alors sur l’écran. La salle ru­git. « Bouh ! De­main, on tracte dès 7 heures du mat ! » Un cadre du par­ti an­nonce d’ailleurs que la mo­bi­li­sa­tion se­ra maxi­male sur le ter­rain.

Ma­cron, qui a convié ses conseillers les plus proches, hier soir, à la bras­se­rie la Ro­tonde à Mont­par­nasse, pour­rait te­nir sept à huit mee­tings, dont un à Pa­ris le 1er mai. Et l’ac­cent de­vrait être mis sur les ter­ri­toires où le FN a fait ses plus gros scores. « Ça va être les va­leurs de la Ré­pu­blique contre l’in­di­cible. Le camp de la dé­mo­cra­tie contre l’in­nom­mable », ana­lyse Eric Hal­phen. Le front ré­pu­bli­cain, mais pas que. « Au-de­là de la gagne, il faut convaincre et ras­sem­bler, parce que cer­taines vic­toires pré­parent les frac­tures à ve­nir », met en garde l’an­cienne se­cré­taire d’Etat UMP Ma­rie-Anne Montchamp. Une cadre du par­ti mar­tèle : « Le vrai su­jet, c’est que l’on ne se fasse pas confis­quer la vic­toire dans quinze jours. Ce ne se­ra pas Chi­rac 2002. » Com­prendre : Ma­cron veut un vote d’adhé­sion sur son pro­jet. A la tri­bune, le can­di­dat ne dit pas autre chose. « Le dé­fi n’est pas d’al­ler vo­ter contre qui que ce soit, le dé­fi est d’ou­vrir une nou­velle page. »

IL FAUT CONVAINCRE ET RAS­SEM­BLER, PARCE QUE CER­TAINES VIC­TOIRES PRÉ­PARENT LES FRAC­TURES

VE­NIR” À MA­RIE-ANNE MONTCHAMP, AN­CIENNE SE­CRÉ­TAIRE D’ÉTAT UMP

Pa­ris (XVe), hier soir. Pas­sé 22 heures, Em­ma­nuel Ma­cron monte sur scène : « Le dé­fi n’est pas d’al­ler vo­ter contre qui que ce soit, le dé­fi est d’ou­vrir une nou­velle page. »

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