Le FN « en fi­nale » mais sans trop d’illu­sions

Le Parisien (Paris) - - PRÉSIDENTIELLE 2017 - DE NOS ENVOYÉS SPÉ­CIAUX VA­LÉ­RIE HACOT (TEXTE) ET GUILLAUME GEORGES( PHO­TO) À HÉ­NIN-BEAU­MONT (PAS-DE-CA­LAIS) @vha­cot1

IL N’EST pas en­core 20 heures que « la Mar­seillaise » est en­ton­née à pleins pou­mons dans la salle François-Mit­ter­rand à Hé­nin-Beau­mont (Pas-de-Ca­lais). Lorsque le ré­sul­tat ap­pa­raît sur les sept écrans géants, c’est l’ex­plo­sion de joie. « On est en fi­nale, on est en fi­nale ! » exultent les mi­li­tants FN. Plu­sieurs cen­taines de per­sonnes et pas moins de 650 jour­na­listes, dont de très nom­breux étran­gers, ont conver­gé hier soir dans le fief de Ma­rine Le Pen. Et bra­vé un im­po­sant ser­vice de sé­cu­ri­té avec fouille au corps et près d’une heure d’at­tente pour fran­chir les grilles.

La garde rap­pro­chée de Ma­rine Le Pen, ar­ri­vée 2e avec 21,4 % des voix( ré­sul­tats par­tiel sà2h30)af fiches on op­ti­misme .« Face à Ma­cron, nos ré­serves de voix sont consi­dé­rables, entre les dé­çus du fillo­nisme, des élec­teurs de Mé­len­chon… En 2002, Jean-Ma­rie Le Pen ne pou­vait comp­ter que sur les 2 % de Mé­gret », as­sure Bru­no Bilde, conseiller de la can­di­date. Celle-ci, avec 7,6 mil­lions de voix, bat le re­cord de suf­frages duFN toutes élec­tions confon­dues.

Mais les mi­li­tants, eux, n’y croient pas vrai­ment. « On se doute bien qu’il va y avoir une fu­sion monstrueuse. L’UMPS va conti­nuer. Re­gar­dez ce que vient de dire Fillon (NDLR : il a ap­pe­lé à vo­ter

pour Ma­cron), y a pas de quoi être fier », lâche, désa­bu­sé, Di­dier, ex­mi­li­tant PS, dé­sor­mais élu mu­ni­ci- pal FN à Lille (Nord). Jean-Mi­chel ne se fait guère d’illu­sions éga­le­ment : « Au deuxième tour, elle va perdre, comme d’ha­bi­tude. » A l’ins­tar de nom­breux élec­teurs, il est dé­çu que sa can­di­date n’ar­rive pas en tête. « Mais être qua­li­fié, c’est dé­jà très bien. Ce­la me pro­cure les mêmes émo­tions qu’en 2002 », se fé­li­cite ce re­trai­té. Pour les fron­tistes, pas de doute : si leur cham­pionne est en deuxième po­si­tion, c’est « à cause des mé­dias, tous li­gués contre elle », ré­sume Mi­chelle, 56 ans.

Ma­rine Le Pen peau­fine son dis­cours dans une loge à l’écart. Sa mère, Pier­rette — « très, très fière » —, et sa soeur, Ma­rie-Ca­ro­line, l’ont re­jointe quelques ins­tants. La can­di­date a pas­sé la jour­née à Hé­nin-Beau­mont où elle a dé­jeu­né chez le maire FN Steeve Briois. Ma­rine Le Pen prend la pa­role à 21 heures pré­cises. Un dis­cours de cinq mi­nutes. « Une pre­mière étape est fran­chie. Ce ré­sul­tat est his­to­rique », lâche-t-elle. Avant de se pro­je­ter di­rec­te­ment dans le duel qui l’op­pose dé­sor­mais à Em­ma­nuel Ma­cron qu’elle qua­li­fie « d’hé­ri­tier de François Hol­lande ». Pour elle, le se­cond tour se­ra le choix entre « la grande al­ter­nance » et ce­lui de « la dé­ré­gu­la­tion », « du règne de l’ar­gent roi ». Le match est lan­cé.

ON SE DOUTE BIEN QU’IL VA Y AVOIR UNE FU­SION MONSTRUEUSE. CONTI­NUER” L’UMPS VA DI­DIER, EX-MI­LI­TANT PS ET ÉLU MU­NI­CI­PAL FN À LILLE (NORD)

Hé­nin-Beau­mont (Pas-de-Ca­lais), hier soir. Ma­rine Le Pen s’est tout de suite pro­je­tée au se­cond tour qua­li­fiant Em­ma­nuel Ma­cron d’« hé­ri­tier de François Hol­lande ».

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