Le dis­cret sou­la­ge­ment de l’exé­cu­tif

Le Parisien (Paris) - - PRÉSIDENTIELLE 2017 -

Le chef du gou­ver­ne­ment avait pré­pa­ré avec soin son in­ter­ven­tion dans son bu­reau. Les scores étant ser­rés, plu­sieurs dis­cours avaient été en­vi­sa­gés. Mais la dé­ci­sion d’ap­pe­ler à vo­ter Ma­cron dans le cas du scé­na­rio d’un duel face à Le Pen n’a ja­mais fait l’ombre d’un doute ou d’une hé­si­ta­tion. De son cô­té, l’Ely­sée s’est conten­té de faire sa­voir que le pré­sident avait ap­pe­lé son an­cien se­cré­taire gé­né­ral « pour le fé­li­ci­ter ». Et in­di­qué que François Hol­lande ex­pri­me­rait son choix « ra­pi­de­ment » et « très clai­re­ment ». Cette re­la­tive dis­cré­tion de l’ac­tuel lo­ca­taire de l’Ely­sée est sans doute cal­cu­lée pour ne pas gê­ner Ma­cron dans l’en­tame du se­cond tour. Hier soir, le chef de l’Etat est res­té un long mo­ment dans son bu­reau à pas­ser des coups de fil. Puis il est des­cen­du re­joindre, en com­pa­gnie de JeanPierre Jouyet, son ami et se­cré­taire gé­né­ral, la di­zaine de conseillers qui sui­vaient la soi­rée élec­to­rale de­vant la té­lé­vi­sion. Fi­dèle à lui-même, Hol­lande n’a guère lais­sé trans­pa­raître ses sen­ti­ments. « Il était équa­nime », s’amuse un conseiller.

« Ma­cron, ce se­ra sans doute le chan­ge­ment dans la conti­nui­té », re­lève avec hu­mour et en pa­ra­phra­sant Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing le se­cré­taire d’Etat en charge de la Ré­forme de l’Etat, Jean-Vincent Pla­cé. « C’est le coup de gé­nie de Hol­lande. C’est comme s’il l’em­por­tait par pro­cu­ra­tion », com­men­tait un de ses mi­nistres il y a quelques se­maines. Une ana­lyse que le chef de l’Etat ne par­tage pas tout à fait.

Peu avant 20 heures, une quin­zaine de membres du gou­ver­ne­ment s’étaient re­trou­vés à Ma­ti­gnon. Pres­sen­tant la vic­toire de Ma­cron, tous n’étaient pas exac­te­ment sur la même lon­gueur d’onde. Entre ceux qui, telle la se­cré­taire d’Etat à l’Aide aux vic­times Ju­liette Méa­del, voient dans le pro­jet de l’homme ar­ri­vé en tête « des rai­sons d’es­pé­rer » et un Mat­thias Fekl (mi­nistre de l’In­té­rieur) ou une Lau­rence Ros­si­gnol (mi­nistre des Fa­milles) qui au­raient bien ai­mé po­ser des condi­tions au sou­tien du lea­deur d’En Marche !, les di­ver­gences étaient pal­pables.

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