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Le can­di­dat du Nou­veau Par­ti an­ti­ca­pi­ta­liste « com­prend » ceux qui vou­dront faire bar­rage au FN et qui vo­te­ront Ma­cron.

Le Parisien (Paris) - - PRÉSIDENTIELLE 2017 - CHRISTOPHEBÉRARD

le NPA ne s’est pas trom­pé sur son QG hier et a choi­siun­lieue­nac­cor­da­vec­son score (1,1 %). Le par­ti de Phi­lippe Pou­tou avait op­té, hier soir, pour le Zèbre de Bel­le­ville, au­to­pro­cla­mé « pe­tit ca­ba­ret d’Eu­rope ». Dans cet éta­blis­se­ment du XIXe ar­ron­dis­se­ment, les mi­li­tants ont ac­cueilli leur ré­sul­tat avec une pointe de dé­cep­tion.

« J’es­pé­rais mieux, sou­pire Dja­mi­la. Les re­tours qu’on avait avec la per­for­mance de Phi­lippe lors du dé­bat étaient très bons. Mais on n’a pas pu trans­for­mer cette sym­pa­thie en bul­le­tins de vote. Je crois que nous avons été vic­times du Les gens ont pré­fé­ré vo­ter Mé­len­chon en pen­sant que ça per­met­trait d’al­ler au se­cond tour. » de mon­trer que les ou­vriers ont la pa­role et qu’il existe d’autres voies que le li­bé­ra­lisme. Ce sont nos idées qui comptent. Pas le ré­sul­tat dans les urnes. »

A l’in­té­rieur du ca­ba­ret, en at­ten­dant la prise de pa­role de Pou­tou, les mi­li­tants se chauffent en écou­tant la dé­cla­ra­tion de François Fillon. Après l’ap­pa­ri­tion du can­di­dat des Ré­pu­bli­cains sur l’écran géant, un « Rends l’ar­gent ! » est scan­dé pen­dant son dis­cours.

A 21 heures, Pou­tou monte sur l’es­trade. Cham­bré par une mi­li­tante sur sa che­mise frois­sée, il sou­rit avant de lan­cer : « Bon, on va moins ri­go­ler, main­te­nant. » La mine grave, Pou­tou ex­plique que le duel Ma­cron-Le Pen est « le signe d’une grande crise po­li­tique. Ma­cron est un im­pos­teur. C’est le re­je­ton des banques et de Hol­lande ». Quant au Front na­tio­nal, il est qua­li­fié de « grand dan­ger qui at­tise la haine et me­nace la dé­mo­cra­tie ». Se re­fu­sant à don­ner des consignes de vote pour le se­cond tour, il se garde pour­tant de ren­voyer dos à dos les deux fi­na­listes. « Il ne faut pas un front ré­pu­bli­cain mais une large mo­bi­li­sa­tion contre le FN. Le 7 mai, beau­coup vou­dront faire bar­rage et vo­ter Ma­cron. On les com­prend. Même si Ma­cron n’est pas un rem­part. Cette se­maine, nous ma­ni­fes­te­rons contre Le Pen. »

Cette au­to­ri­sa­tion voi­lée à vo­ter Ma­cron ne passe pas for­cé­ment dans l’as­sem­blée. « Phi­lippe peut dire ce qu’il veut, le 7 mai, je reste chez moi », rage un mi­li­tant. « Tu pour­ras ve­nir à la mai­son, lui ré­pond son voi­sin. Entre la peste et le cho­lé­ra, je ne choi­si­rai pas non plus. »

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