« Juste du coeur, de l’amour pour un maillot »

Et le Stade Fran­çais sont à un match d’un titre eu­ro­péen. Ines­pé­ré après une sai­son mou­ve­men­tée.

Le Parisien (Paris) - - RUGBY - PROPOSRECUEILLISPAR NI­CO­LAS BACLE

AU­TEUR DU DROP de la gagne hier face à Bath (28-25) dans les der­niers ins­tants, Jules Plis­son rêve main­te­nant d’un pre­mier sacre conti­nen­tal pour le Stade Fran­çais, le 12 mai à Edim­bourg, face à Glou­ces­ter. Pres­sé d’al­ler vo­ter pour le pre­mier tour de la pré­si­den­tielle, il s’est tout de même ar­rê­té quelques mi­nutes pour par­ta­ger son bon­heur. Que res­sen­tez-vous après cette vic­toire au bout du sus­pense ? JULES PLIS­SON. Ga­gner après un scé­na­rio comme ça, c’est en­core plus beau. C’est plein d’émo­tion, de fris­sons. Hon­nê­te­ment,

« FI­NIR SUR UN TITRE EU­RO­PÉEN AVEC CE GROUPE »

quand Ford loupe la pé­na­li­té du match nul (NDLR : à la der­nière se­conde du match), je ne priais pas, mais je trem­blais car je ne vou­lais pas al­ler en pro­lon­ga­tions. Phy­si­que­ment, on était vrai­ment dans le dur.Il la loupe et c’est la dé­li­vrance. Vous aviez sept points de re­tard à quelques mi­nutes de la fin. Comment avez-vous trou­vé les res­sources pour re­ve­nir ? On n’est ja­mais aus­si bons que quand on est der­rière au score. On avait un pu­blic énorme et c’est grâce à lui qu’on a ga­gné. On a juste du coeur, de l’amour pour un maillot. A la fin, on s’est dit qu’on mar­chait tous, qu’il fal- lait se ré­veiller, parce qu’une de­mi-fi­nale de Chal­lenge eu­ro­péen, ce n’est pas rien. Il fal­lait avoir un sa­cré men­tal pour re­ve­nir. Les mo­ments que nous vi­vons ces der­nières se­maines, per­sonne ne nous les a don­nés, on est al­lés les cher­cher. Après une sai­son tu­mul­tueuse, entre mau­vais ré­sul­tats en Top 14 et fu­sion avor­tée avec le Ra­cing 92, vous êtes qua­li­fiés pour la fi­nale du Chal­lenge eu­ro­péen… C’est beau. Nous vi­vons une vé­ri­table aven­ture spor­tive et hu­maine. C’est la fin d’un cycle au Stade Fran­çais, car beau­coup de joueurs vont s’en al­ler, no­tam­ment ceux du titre de cham­pion de France de 2015. La fi­nale à Edim­bourg peut être le der­nier match de la sai­son tous en­semble. Fran­che­ment, je n’ai en­vie que d’une chose : qu’on puisse tous mou­rir pour les autres sur le ter­rain, car tout le monde s’ap­pré­cie ici. Ça me fait mal que des amis nous quittent à la fin de la sai­son. Je veux juste fi­nir sur un titre eu­ro­péen avec ce groupe. Je crois que si on ar­rive à le faire, ça nous mar­que­ra toute notre vie. Le Stade Fran­çais n’a tou­jours pas trou­vé de re­pre­neur… Oui, ce qu’on vient de réa­li­ser, c’est la plus belle des vi­trines, la plus belle des com­mu­ni­ca­tions. Si on s’en donne les moyens, on va en­core pou­voir réa­li­ser de belles choses ici.

Stade Jean-Bouin (Pa­ris, XVIe), hier. A la 80e mi­nute, Jules Plis­son réus­sit un drop et donne la vic­toire aux siens.

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