Le Ru­bik’s cube is back

PHÉNONÈME Cé­lèbre dans les an­nées 1980, ce casse-tête co­lo­ré voit ses ventes ex­plo­ser. A l’école, tout le monde veut le sien.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - PAR SANDRINE BAJOS

Ah, ces nos­tal­giques des an­nées 1980… Quand, tout droit ve­nu de Hon­grie, le Ru­bik’s cube a dé­bar­qué dans leur vie, ils avaient une di­zaine d’an­nées. Au­jourd’hui, de­ve­nus qua­dras ou quin­quas, les voi­là tout émus par le re­tour en force du pe­tit casse-tête mul­ti­co­lore. Et ils sont nom­breux à dé­bour­ser une ving­taine d’eu­ros pour of­frir à leur des­cen­dance le jeu de leur en­fance. De­puis plu­sieurs mois main­te­nant, le Ru­bik’s cube re­vient en force dans les cours d’école. « On l’a vu ap­pa­raître chez nous fin 2016 pen­dant la ré­cré, note cette ins­ti­tu­trice de l’Est pa­ri­sien. Et de­puis, à l’ins­tar des billes, des cartes Po­ké­mon ou des tou­pies Bey­blade, tous les en­fants en veulent un, sur­tout les pe­tits gar­çons. »

Le cube à six faces a d’abord per­cé dans les beaux quar­tiers. Mais qu’ils ha­bitent le chic VIe ou le po­pu­laire XIXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, la Bre­tagne ou le Vau­cluse, les pe­tits éco­liers par­tagent la même pas­sion. Fé­lix, 9 ans, ne passe pas une jour­née sans son pe­tit cube « Même si c’est su­per com­pli­qué et que je n’ar­rive pas à faire toutes les faces. Je veux al­ler jus­qu’au bout, comme dans un jeu vi­déo. Sauf que là, mes pa­rents, ils me laissent jouer su­per long­temps », ri­gole ce pe­tit brun au re­gard pé­tillant.

Pour fi­nir le cube avant ses co­pains, Tom, 8 ans, triche un peu. Ai­dé par sa grande soeur, il s’en est al­lé faire un tour sur In­ter­net, où les tu­to­riels poussent comme des cham­pi­gnons. « C’est pas de la triche, ré­torque-t-il. La preuve, j’ai réus­si à le fi­nir tout seul dans ma chambre. »

Le casse-tête a aus­si des dé­trac­teurs. « Je ne com­prends pas pour­quoi ils en veulent tous, ça sert à rien et c’est même pas drôle », pointe Ma­non, 9 ans. Quant à Si­mon, s’il aime bien ma­ni­pu­ler l’ob­jet de temps en temps, il est vite aga­cé par la pas­sion que lui porte son co­pain Elio. « Il passe des heures des­sus, râ­loche-t-il. Quand il l’a dans les mains, il ne veut plus jouer avec moi. Alors qu’une par­tie de Ma­rio sur la Wii, on la joue à deux et on ri­gole. »

Grâce à ces nou­veaux joueurs, le Ru­bik’s Cube af­fiche des ventes à faire pâ­lir le CAC 40. L’an der­nier, plus de 900 000 casse-têtes co­lo- rés se sont écou­lés dans l’Hexa­gone, soit des ventes en hausse de 85 % ! Et en­core, on ne compte pas les contre­fa­çons… « Mais elles sont toutes de mau­vaise qua­li­té, les cubes tournent mal et se cassent », pré­vient Thier­ry Kar­piel, pré­sident de Win Games, l’heu­reux dis­tri­bu­teur du jeu en France. Si ce­la l’agace, ce­la n’en­trave en rien la bonne hu­meur de l’homme d’af­faires car, es­time-t-il, « le phé­no­mène n’est pas près de s’es­souf­fler ».

« QUAND IL L’A DANS LES MAINS, IL NE VEUT PLUS JOUER AVEC MOI » SI­MON À PRO­POS DE SON AMI ELIOT

Pa­ris, le 19 avril. Le Ru­bik’s cube re­vient en force dans les cours de ré­créa­tion. L’an der­nier, plus de 900 000 casse-têtes co­lo­rés se sont écou­lés en France, soit des ventes en hausse de 85 %.

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