« Ame­ner les jeunes à s’ex­pri­mer au­tre­ment »

Deux mères de fa­mille ont créé le col­lec­tif Les Dia­mants pour réa­li­ser des ac­tions de pré­ven­tion contre l’agres­si­vi­té « ex­ces­sive » qui règne dans le quar­tier Pa­blo-Pi­cas­so.

Le Parisien (Paris) - - HAUTS-DE-SEINE -

« COMME SI LA VIO­LENCE ÉTAIT DE­VE­NUE BA­NALE » JAMILA

C’EST UNE PRE­MIÈRE ac­tion qui en ap­pelle beau­coup d’autres. Sa­me­di, l’as­so­cia­tion Les Dia­mants a or­ga­ni­séu­ne­mar­che­blanche,dans­le­quar­tier Pa­blo-Pi­cas­so à Nanterre, « en sou­ve­nir des en­fants dé­fe­nes­trés » et en par­ti­cu­lier pour le gar­çon de deux ans et de­mi dé­cé­dé après une chute du 15e étage, le 18 mars. Mais la struc­ture, créée deux jours avant ce drame par Sa­bri­na Man­sou­ri et Jamila Boud­je­mai, a une vo­ca­tion plus large. Celle de com­battre la vio­lence des jeunes, et « ve­nir en aide aux en­fants » du quar­tier.

Ces mères de fa­mille, la pre­mière ori­gi­naire de l’Hé­rault, la se­conde du Val-d’Oise, ont été « frap­pées » par l’agres­si­vi­té « ex­ces­sive » des jeunes à leur ar­ri­vée à Pa­blo-Pi­cas­so, il y a un­peu­plus­de­deuxans.«C’est­comme si la vio­lence était de­ve­nue ba­nale ici, dé­plore Jamila. Nous vou­lons leur faire com­prendre que l’on peut vivre en­semble sans être violent. »

Dès la ren­trée, les deux femmes et une « di­zaine » de bé­né­voles in­ves­ti­ront les salles de classe pour des « ac­tions de pré­ven­tion ». « L’ob­jec­tif est de faire prendre conscience aux en­fants que, quand ils agressent, il y a une per­sonne der­rière et une vic­time », souffle Sa­bri­na, ani­ma­trice qui a « tou­jours tra­vaillé avec les en­fants ». Se­lon elles, cette sen­si­bi­li­sa­tion doit dé­bu­ter à « la ma­ter­nelle ».

Concrè­te­ment, une pièce de théâtre se­ra réa­li­sée avec les jeunes. « Nous com­men­ce­rons à tra­vailler des­sus dès sep­tembre. Notre ob­jec­tif est d’ame­ner les jeunes à s’ex­pri­mer au­tre­ment. Et sur­tout qu’ils prennent confiance en eux, c’est le plus im­por­tant », as­sure Jamila.

Une autre idée am­bi­tieuse est étu­diée par les fon­da­trices de l’as­so­cia­tion. Celle de se « mettre dans la peau d’un pe­tit de 2 ans ». A la fois pour « faire prendre conscience » aux pa­rents des dan­gers que peuvent en­gen­drer cer­tains com­por­te­ments. Et sur­tout ana­ly­ser comment vivent et ré­agissent les jeunes en­fants. « C’est un pro­jet que l’on com­mence tout juste à construire, avoue Sa­bri­na. Nous sou­hai­tons le réa­li­ser en par­te­na­riat avec d’autres as­so­cia­tions. Il ne ver­ra le jour qu’en 2018. »

Nanterre, sa­me­di. Sa­bri­na Man­sou­ri et Jamila Boud­je­mai (en t-shirt blanc et im­pri­mé bleu), fon­da­trices de l’as­so­cia­tion, ont or­ga­ni­sé une marche blanche « en sou­ve­nir des en­fants dé­fe­nes­trés » ré­cem­ment.

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