As­nières : une course pour les vic­times du 13 No­vembre

Près de 250 col­lé­giens ont par­ti­ci­pé, sa­me­di, à une ma­ni­fes­ta­tion spor­tive au pro­fit de l’as­so­cia­tion de vic­times des at­ten­tats 13Onze15.

Le Parisien (Paris) - - PRÉSIDENTIELLE - PAR VIC­TOR TAS­SEL

LOGAN, dos­sard sur le dos, est en­core es­souf­flé de sa course en re­lais. « Je suis ve­nu pour faire du sport ! Et sur­tout sou­te­nir les fa­milles, c’est im­por­tant », lance l’élève de 5e. Sa­me­di, près de 250 col­lé­giens des sept éta­blis­se­ments d’As­nières ont ré­pon­du pré­sents pour une course so­li­daire au pro­fit de 13Onze15, une as­so­cia­tion de vic­times des at­ten­tats du 13 no­vembre 2015. L’As­niè­roise Pa­tri­cia Cor­reia, dont la fille a trou­vé la mort au Ba­ta­clan, en est l’une des ani­ma­trices.

Cette 2e édi­tion a été or­ga­ni­sée par le conseil mu­ni­ci­pal des col­lé­giens (CMC) et ses cin­quante-deux membres. « C’est notre plus gros pro­jet », as­sure Tho­mas, qui s’oc­cupe des ar­ri­vants à l’en­trée du stade Saint-Exu­pé­ry. Les jeunes se sont réunis tous les mer­cre­dis, « même pen­dant les va­cances ». Et le ré­sul­tat est là. « Je ne pen­sais pas qu’il y au­rait au­tant de monde, se ré­jouit Pau­line, 14 ans, elle aus­si du CMC. Ce­la fait plai­sir de voir que tant de gens consacrent une jour­née pour ai­der les fa­milles en dé­tresse. »

Yas­mine, veste de l’équipe de France sur le dos — « c’est à mon pè- re » sou­rit-elle — se pré­pare avant le dé­part des élèves de 4e. « Très tou­chée » par les évé­ne­ments de 2015, elle n’est ve­nue que pour l’as­so­cia­tion. « Per­sonne ne mé­rite qu’on lui en­lève son en­fant, souffle-t-elle. C’est hor­rible de pen­ser que des gens puissent faire ça… Il faut tout faire pour ai­der 13Onze15. » Pour cette « gé­né­ra­tion at­ten­tat », qui « vit avec tous les jours », la vo­lon­té est de mon­trer qu’elle fait face. « On ne peut pas sor­tir sans y pen­ser, avoue Yas­mine. Mais là, on prouve que l’on n’a pas peur et qu’on est plus fort en­semble. »

L’ob­jec­tif est aus­si de « mé­lan­ger » les col­lèges et ain­si les quar­tiers. « Tous les col­lèges sont re­pré­sen­tés, et ce­la s’équi­libre bien », as­sure en­core Tho­mas, les yeux sur ses ta­bleaux d’ins­crip­tion. Elé­na et Olympe at­tendent dans la longue file qui mène au bar­be­cue. Les deux élèves de Vol­taire sont jus­te­ment ve­nues pour « s’amu­ser en­semble ». « C’est un en­droit où l’on peut tous se re­trou­ver et ren­con­trer de nou­velles per­sonnes. Si, en plus, on peut faire une bonne ac­tion, c’est par­fait », se fé­li­cite Olympe.

Et cette ma­ni­fes­ta­tion a de quoi tou­cher les pa­rents membres de l’as­so­cia­tion pré­sents sa­me­di. Dany Neuet a per­du son fils Ch­ris­to­pher au Ba­ta­clan. « Ce­la nous émeut énor­mé­ment. Nous sentons une ami­tié et une so­li­da­ri­té ex­tra­or­di­naire, confie-t-elle, en san­glots. Nous ne sommes pas d’ici mais nous nous sentons chez nous. »

« NOUS SENTONS UNE SO­LI­DA­RI­TÉ EX­TRA­OR­DI­NAIRE » DANY NEUET, QUI A PER­DU SON FILS AU BA­TA­CLAN

As­nières-sur-Seine, sa­me­di. Le conseil mu­ni­ci­pal des col­lé­giens, or­ga­ni­sa­teur de cette 2e édi­tion, ne s’at­ten­dait pas à voir « au­tant de monde ».

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