In­va­sion de sou­ris dans la ci­té

C’est un pro­blème ré­cur­rent de­puis des an­nées dans la ci­té Py­thon-Du­ver­nois, porte de Ba­gno­let, où vivent 2 000 per­sonnes.

Le Parisien (Paris) - - PRÉSIDENTIELLE - PAR BE­NOIT HASSE

ELLES SE FAUFILENT PAR­TOUT. Dans les gaines tech­niques, les cloi­sons, les faux pla­fonds, les pla­cards des cui­sines, des salles de bain… Des cen­taines (des mil­liers ?) de sou­ris ont élu do­mi­cile dans tous les bâ­ti­ments de la ci­té Py­thon-Du­ver­nois. Et le vaste en­semble de lo­ge­ments so­ciaux avec vue sur le pé­ri­phé­rique qui trône, de­puis les an­nées 1960, au-des­sus de la porte de Ba­gno­let (XXe) est au­jourd’hui lit­té­ra­le­ment in­fes­té par les pe­tits ron­geurs. Au point de pour­rir la vie des 2 000 ha­bi­tants du quar­tier.

« Je mets des pièges (NDLR : des

car­tons cou­verts de colle) dans tous les re­coins de mon ap­par­te­ment. Je ré­cu­père plein de ca­davres, mais il y a tou­jours au­tant de sou­ris chez moi », se la­mente Ma­ry­line*, do­mi-

ci­liée tout en haut d’une des barres de la ci­té. L’habitante qui vient de se dé­bar­ras­ser d’un piège, pour­tant po­sé à peine quelques jours plus tôt, avec4sou­ris­mor­tes­dé­taille­les­mul­tiples consé­quences de cette in­va­sion : « Je gar­dais des en­fants à do­mi­cile. J’ai dû ar­rê­ter pour rai­sons sa­ni­taires. Je dois mettre toute ma nour­ri­ture dans des boîtes, si­non c’est fou­tu. Je n’ar­rive plus à dor­mir dans ma chambre où j’en­tends les sou­ris gratter au pla­fond toute la nuit… »

« Le pro­blème est là de­puis des dé­cen­nies. Les trai­te­ments au cas par cas qui sont faits par la RIVP (NDLR : le bailleur so­cial de la Ville de Pa­ris ges­tion­naire de Py­thon-Du

ver­nois) ne règlent rien. On n’ar­rive pas à se dé­bar­ras­ser des sou­ris », confirme un des ani­ma­teurs du co­mi­té DAL (droit au lo­ge­ment) des lo­ca­taires créé en jan­vier dans cette ci­té ins­crite au pro­gramme na­tio­nal de re­nou­vel­le­ment ur­bain et qui doit faire l’ob­jet d’une énorme opé­ra­tion de ré­ha­bi­li­ta­tion dans les an­nées à ve­nir. « On a pas mal de su­jets de dis­cus­sion com­pli­qués avec le bailleur. Mais sur la ques­tion des sou­ris, il est mo­bi­li­sé pour es­sayer de trou­ver une so­lu­tion », pré­cise le co­mi­té DAL.

A la RIVP, confron­tée à des pro­blèmes de sou­ris « dans plu- sieurs en­sembles de (son) pa­tri­moine », on re­con­naît que le cas de Py­thon-Du­ver­nois fi­gure par­mi les plus sé­vères. « Il y a un pro­blème spé­ci­fique à cette ci­té : nous n’ar­ri­vons pas à avoir ac­cès à l’en­semble des lo­ge­ments. Nous avons dé­jà es­sayé beau­coup de choses. On laisse des pro­duits sou­ri­cides à dis­po­si­tion dans les loges des gar­diens, on or­ga­nise des cam­pagnes de désou­ri­sa­tion les sa­me­dis pour tou­cher un maxi­mum de monde… mais il faut que tous les lo­ca­taires nous ouvrent leur porte », note un res­pon­sable de la RIVP en sou­li­gnant que seuls les trai­te­ments d’en­semble se ré­vèlent ef­fi­caces.

Se­lon les spé­cia­listes, un couple de sou­ris (la fe­melle est ca­pable d’avoir une por­tée de 10 sou­ri­ceaux tous les mois) pour­rait avoir jus­qu’ à 100 000 des­cen­dants en un an ! « Pour en­rayer cette pro­li­fé­ra­tion ex­po­nen­tielle, il faut pou­voir trai­ter si­mul­ta­né­ment au moins 80 % des ap­par­te­ments », in­siste-t-on à la RIVP qui tra­vaille dé­sor­mais avec le co­mi­té des lo­ca­taires, char­gés de convaincre leurs voi­sins d’ou­vrir leur porte aux agents de désou­ri­sa­tion. Le bailleur s’est en­ga­gé à lan­cer une opé­ra­tion d’ en­semble dans toute la ci­té avant l’été. *Le pré­nom a été mo­di­fié

JE N’AR­RIVE PLUS À DOR­MIR DANS MA CHAMBRE OÙ J’EN­TENDS LES SOU­RIS GRATTER AU PLA­FOND TOUTE LA NUIT… UNE HABITANTE

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