Les phar­ma­cies veulent ou­vrir le di­manche

Dé­jà ou­vertes 24 heures sur 24, des of­fi­cines viennent de créer une Union qui de­mande une dé­ro­ga­tion au re­pos do­mi­ni­cal, contre l’avis des or­ga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DANIELROSENWEG

ba­taille des phar­ma­ciens. De ceux qui ou­vrent­non-stop,24heu­res­sur 24. Des phar­ma­cies à gros chiffre d’af­faires et forte no­to­rié­té lo­cale. Elles sont une qua­ran­taine en France. Mais de­puis deux ans, des ar­rê­tés pré­fec­to­raux ou des dé­ci­sions d’agences ré­gio­nales de san­té obligent cer­taines à fer­mer le di­manche au nom de la bonne or­ga­ni­sa­tion des gardes. D’autres tra­vaillent, mais re­doutent une in­ter­dic­tion. Une « in­éga­li­té de trai­te­ment et un pa­ra­doxe », dé­nonce Fran­çois Eh­rhart, phar­ma­cien à Rois­syen-Brie (Seine-et-Marne) qui vient de créer avec douze autres of­fi­cines l’Union des phar­ma­cies 24 h/24 qui ré­clame une dé­ro­ga­tion. «Il y a là une contradiction avec le Code de la san­té pu­blique qui au­to­rise à ou­vrir non-stop à condi­tion de ne ja­mais fer­mer, pas même une heure », ex­plique-t-il. quand l’offre est la plus faible, et alors qu’à cô­té des centres com­mer­ciaux sont ou­verts. » En­fin, « on rend ser­vice toute la se­maine, chaque nuit et jour fé­rié, et il fau­drait fer­mer le di­manche alors que nos stocks per­mettent de ré­pondre à toutes les de­mandes ? » s’of­fusque-t-il.

Les prin­ci­paux syn­di­cats de phar­ma­ciens ne sont pas fa­vo­rables à cette ou­ver­ture. Ils re­doutent que cer­taines des phar­ma­cies concer­nées choi­sissent les cré­neaux les plus ren­tables, comme le di­manche matin, jour de mar­ché. « Ces gens sont dans le bu­si­ness ! Nous, les syn­di­cats, avons l’obli­ga­tion lé­gale d’or­ga­ni­ser les gardes dans chaque dé­par­te­ment et les phar­ma­ciens sont te­nus de les as­su­rer. Alors, si c’est juste pour tra­vailler quelques heures quand c’est in­té­res­sant, c’est non ! » ré­agit Gilles Bonnefond, président de l’Union des syn­di­cats de phar­ma­ciens d’officine.

« Le re­pos do­mi­ni­cal obli­ga­toire est ins­crit dans notre con­ven­tion col­lec­tive », rap­pelle de son cô­té Phi­lippe Gart­ner, président de la FSPF, la Fé­dé­ra­tion des phar­ma­ciens d’officine, qui dé­fend « l’ac­ti­vi­té du phar­ma­cien de garde contraint d’ou­vrir de 9heures à 9heures le len­de­main ». A Tou­louse (Haute-Ga­ronne), une solution ori­gi­nale a été trou­vée : c’est la « phar­ma­cie de nuit », une officine ou­verte de… 20 heures à 8 heures.

Bou­le­vard Soult (Pa­ris XIIe), hier. Ou­verte 24 heures sur 24, la phar­ma­cie de la porte de Vin­cennes doit néan­moins fer­mer 11 di­manches par an.

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