Les op­tions les plus far­fe­lues du bac

Pour la pre­mière fois cette an­née, on peut pré­sen­ter cette op­tion. Une épreuve qu’ont pas­sée hier deux des cinq élèves ad­mis à can­di­da­ter dans cet oral ré­ser­vé aux meilleurs joueurs.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DENOTRECORRESPONDANT CLAUDEMASSONNET À MONT­PEL­LIER (HÉ­RAULT)

HIER, C’ÉTAIT DÉ­JÀ jour de bac pour Da­vid et Be­noît, élèves de ter­mi­nale S du ly­cée Joffre à Mont­pel­lier (Hé­rault). Il s’agis­sait pour ces deux « scien­ti­fiques » de pas­ser l’ épreuve orale d’échecs, qui de­viennent cette an­née of­fi­ciel­le­ment une op­tion au bac­ca­lau­réat. « C’est très in­té­res­sant pour les élèves. Si on prend cette dis­ci­pline en op­tion nu­mé­ro un, ce­la peut rap­por­ter jus­qu’à 10points mul­ti­pliés par 2. Ce­la peut rat­tra­per de mau­vaises notes en fran­çais par exemple », ex­plique Pa­trick Lou­ba­tière, prof de fran­çais et d’échecs.

Re­mon­ter ses notes, c’est pré­ci­sé­ment l’ob­jec­tif de Da­vid Sam­buc, 17 ans, qui a ob­te­nu 5 et 6 en fran­çais. « Pour moi, c’est une bonne opé­ra­tion, ef­fec­ti­ve­ment. Je pra­tique les échecs de­puis huit ans à rai­son de deux heures par se­maine. Je pense que c’est bon pour la concen­tra­tion », ex­plique-t-il, avant d’en­trer dans la salle d’exa­men, en fait la salle des profs d’EPS dans le gym­nase du ly­cée ré­qui­si­tion­né pour l’oc­ca­sion.

C’est un oral. Quinze mi­nutes au maxi­mum pour ba­layer les connais­sances de l’élève sur les échecs, leur his­toire, des don- nées de jeu, l’ac­tua­li­té de la dis­ci­pline. Deux exa­mi­na­teurs of­fi­cient, Pa­trick Lou­ba­tière, le pro­fes­seur de la spé­cia­li­té, et Christine Cha­puis, pro­fes­seur d’EPS puisque le jeu d’échecs est consi­dé­ré comme une dis­ci­pline spor­tive au même titre que le vol­ley, le bad­min­ton ou le rug­by.

SPOR­TIFS DE HAUT NI­VEAU

«Ceux qui peuvent choi­sir cette op­tion sont for­cé­ment dé­jà clas­sés spor­tifs de haut ni­veau. Pour les échecs, ils sont seule­ment quinze en France dont cinq du ly­cée Joffre et deux seule­ment en ter­mi­nale cette an­née. Il n’y a pas d’épreuve pra­tique. Ce n’est pas une par­tie. On es­time que ces joueurs-là ont prou­vé leur ni­veau lors de dif­fé­rents tour­nois. Et ils partent avec la note mi­ni­male de 16/20. L’oral peut donc leur rap­por­ter 4 points de plus co­ef­fi­cient 2 », pour­suit Pa­trick Lou­ba­tière qui, en vingt ans de pas­sion et d’in­ves­tis­se­ment per­son­nel, a fait du ly­cée Joffre le « Real Ma­drid du jeu d’échecs sco­laire » : 22 titres de cham­pion dont deux Coupes d’Eu­rope ra­flées en 2006 au nez des rus­so­phones, consi­dé­rés comme im­bat­tables dans cette spé­cia­li­té.

« C’est un ex­cellent exer­cice de stra­té­gie et de mémorisation. Mais ce­la peut aus­si être une vé­ri­table épreuve lorsque des par­ties durent plu­sieurs heures. A ce mo­ment-là, c’est aus­si la ré­sis­tance phy­sique qui joue », ex­plique Be­noît Cou­derc, 17 ans, à la sor­tie de l’exa­men, avec le sen­ti­ment d’avoir plu­tôt bien réus­si son oral. « Mal­gré le stress. Car je stresse tou­jours au mo­ment des exa­mens », ajoute-t-il. Hier, en quinze mi­nutes, les deux pré­cur­seurs ont en­gran­gé des points pré­cieux dans la pers­pec­tive de l’exa­men fi­nal.

C’EST UN EX­CELLENT EXER­CICE DE STRA­TÉ­GIE ET DE MÉMORISATION. MAIS CE­LA PEUT AUS­SI ÊTRE UNE ÉPREUVE LORSQUE DES PAR­TIES DURENT PLU­SIEURS HEURES.” BE­NOÎT COU­DERC, 17 ANS, À LA SOR­TIE DE SON ORAL D’ÉCHECS

Mont­pel­lier (Hé­rault), hier. Be­noît et Da­vid, en ter­mi­nale S, ont pas­sé leur oral d’échecs de­vant la pro­fes­seur d’EPS Christine Cha­puis et le pro­fes­seur d’échecs Pa­trick Lou­ba­tière.

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