Et Hollande ap­pe­la à vo­ter Ma­cron…

Le Parisien (Paris) - - SOMMAIRE - AVA DJAMSHIDI

POURPEU qu’il y en ait eu un, le mystère n’a pas du­ré long­temps. Fran­çois Hollande avait pro­mis qu’il ne se dé­ro­be­rait pas dans l’entre-deux-tours. Il a te­nu sa pro­messe dès le len­de­main du pre­mier tour,à une heure dis­crète, sous la forme d’une al­lo­cu­tion pro­non­cée de­puis l’Ely­sée. « La pré­sence de l’ex­trême droite fait une nou­velle fois cou­rir un risque pour notre pays. Face à un tel risque, la mobilisation s’im­pose mais éga­le­ment la clar­té des choix. Pour ma part, je vo­te­rai Em­ma­nuel Ma­cron », a-t-il lan­cé, met­tant un terme à un faux sus­pense.

De­puis plu­sieurs jours, le président s’in­quié­tait en pe­tit co­mi­té du « pé­ril » re­pré­sen­té par le Front na­tio­nal. Alors, entre Ma­rine Le Pen et un an­cien membre de son gou­ver­ne­ment… Dès di­man- che soir, Fran­çois Hollande a d’ailleurs fait sa­voir qu’il avait té­lé­pho­né à son an­cien mi­nistre de l’Eco­no­mie pour le fé­li­ci­ter. Un scénario in­ima­gi­nable en 2012, lorsque Fran­çois Hollande nom­ma le jeune tren­te­naire, alors conseiller éco­no­mique de sa cam­pagne, au poste de se­cré­taire gé­né­ral-ad­joint de l’Ely­sée. Une mise au monde politique « in­édite », comme le re­lève un mi­nistre.

UNE BÉ­NÉ­DIC­TION QUI N’AR­RANGE PAS NÉ­CES­SAI­RE­MENT MA­CRON

Cinq ans plus tard, Ma­cron a donc re­çu l’onc­tion de l’homme à qui il doit sa car­rière politique (et qu’il a peut-être en par­tie pri­vé de la pos­si­bi­li­té de bri­guer sa suc­ces­sion). Mais cette bé­né­dic­tion n’ar­range pas né­ces­sai­re­ment le can­di- dat, lui qui s’est vu at­ta­quer par ses ri­vaux pour cette même fi­lia­tion à Fran­çois Hollande pen­dant la cam­pagne du pre­mier tour. « Em­ma­nuel Hollande », « Fran­çois Ma­cron » sont au­tant de sur­noms dont l’avait af­fu­blé Fran­çois Fillon. Une ligne d’at­taque re­prise à son compte dès di­manche soir par Ma­rine Le Pen qui a co­gné sur « l’hé­ri­tier » du président. Et, dans le sillage de la dé­cla­ra­tion du chef de l’Etat, elle s’est re­mise à boxer de plus belle sur son ri­val, qu’elle a ca­ri­ca­tu­ré en pan­tin, évo­quant son « ven­tri­loque » : Fran­çois Hollande.

Ely­sée, hier. Fran­çois Hollande a fait une courte al­lo­cu­tion pour an­non­cer qu’il vo­te­ra Ma­cron.

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