Ma­rine Le Pen doit ras­sem­bler à tout prix

Le Parisien (Paris) - - SOMMAIRE - PAR VA­LÉ­RIE HACOT @vha­cot1

SES ÉQUIPES SONT FORMELLES : de­puis hier, Ma­rine Le Pen s’est lan­cée dans une « nou­velle cam­pagne ». Nou­velle ? Vrai­ment ? Car dès le len­de­main du se­cond tour, elle a re­noué avec cer­taines de ses bonnes vieilles ha­bi­tudes en re­com­men­çant à jouer au chat et à la sou­ris avec les jour­na­listes. Son pre­mier dé­pla­ce­ment de can­di­date du se­cond tour était an­non­cé dans la ma­ti­née sur le mar­ché de Bé­thune (Pas-de-Ca­lais). Mais il s’agis­sait en réa­li­té d’un leurre pour ber­ner les nom­breux mé­dias ve­nus l’at­tendre.

La can­di­date a fi­na­le­ment fait son ap­pa­ri­tion à 30 km de là, à Rou­vroy (Pas-de-Ca­lais). Elle a pu adres­ser son mes­sage, s’in­sur­geant contre « le vieux front ré­pu­bli­cain tout pour­ri », à des chaînes in­fos et des ra­dios triées sur le vo­let. Un grand clas­sique dans la com­mu­ni­ca­tion de Ma­rine Le Pen de­puis le dé­but de sa course à la pré­si­den­tielle. « Elle ne veut pas se re­trou­ver confron­tée à une forêt de ca­mé­ras », jus­ti­fie Phi­lippe Oli­vier, qui coa­nime la cel­lule idées-image.

ELLE A AN­NON­CÉ QU’ELLE SE MET­TAIT EN « CONGÉ DE LA PRÉ­SI­DENCE DU FN »

De quoi dé­rou­ter alors que la can­di­date s’est fixé la mis­sion de ras­sem­bler. Car Ma­rine Le Pen a beau as­su­rer, comme hier sur France 2, « nous pou­vons ga­gner, nous al­lons ga­gner », elle sait qu’elle est en po­si­tion de chal­len­geuse. Et ses at­taques en règle contre Ma­cron, le can­di­dat qui, se­lon elle, « n’a pas la moindre pointe d’amour pour la France », ne suf­fi­ront pas à élar­gir sa base élec­to­rale. Dans son vi­seur, les an­ciens sup­por­teurs de Mé­len­chon — avec qui elle par­tage un discours an­ti­mon­dia­li­sa­tion —, mais aus­si les fillo­nistes. Des po­pu­la­tions bien dif­fé­rentes.

Pour les ras­sem­bler au­tour de son pro­jet, Ma­rine Le Pen a an­non­cé qu’elle se met­tait en « congé de la pré­si­dence du FN ». His­toire aus­si d’at­ti­rer à elle cer­tains élus les Ré­pu­bli­cain après la dé­faite de leur cham­pion. Certes, Sens com­mun, l’éma­na­tion de la Ma­nif pour tous chez les Ré­pu­bli­cains, ou le dé­pu­té des Yve­lines Jacques Myard se sont po­si­tion­nés en fa­veur du ni-ni (ni vote FN ni vote Ma­cron), tan­dis que Christine Bou­tin juge l’adhé­sion au vote FN « pos­sible ».

Mais cette ten­dance reste très ti­mide, alors qu’Em­ma­nuel Ma­cron en­grange, lui, des ral­lie­ments de toute part. « Je re­çois beau­coup de coups de fil, mais les élus de droite sont un peu té­ta­ni­sés, ils s’ima­gi­naient que Ma­rine Le Pen se­rait beau­coup plus haut », as­sure Jé­rôme Ri­vière, exUMP, in­ves­ti aux lé­gis­la­tives pour le Front na­tio­nal.

Hier soir, sur France 2, la can­di­date as­su­rait « qu’un cer­tain nombre de contacts [étaient] en cours ». Ni­co­las Dupont-Ai­gnan, qui doit don­ner une consigne de vote, est ain­si très cour­ti­sé. « S’il ap­pe­lait à vo­ter pour nous, ce­la fe­rait sau­ter un ver­rou psy­cho­lo­gique, ce se­rait un signal fort », pré­cise Jé­rôme Ri­vière. Le ras­sem­ble­ment, ce n’est pas pour main­te­nant.

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