Pour Sar­ko­zy, son camp « a failli… »

Le Parisien (Paris) - - SOMMAIRE -

que l’on puisse dire, c’est que la pi­lule ne passe tou­jours pas chez les sar­ko­zystes. « On ne va pas ti­rer sur l’am­bu­lance mais fran­che­ment, en s’obs­ti­nant comme il l’a fait pen­dant la cam­pagne, Fran­çois Fillon a conduit tout le monde dans le mur. Et main­te­nant, on fait quoi ? » vi­tu­pé­rait, hier matin, un élu proche de l’an­cien président de la Ré­pu­blique, qui a d’ailleurs ap­pe­lé ce der­nier dès po­tron-mi­net.

Car c’est peu dire que Ni­co­las Sar­ko­zy — pour­tant re­trai­té de la politique de­puis sa dé­faite à la pri­maire de novembre — suit tou­jours les af­faires de son par­ti de près. De très près même… « Il est at­ter­ré », glisse un proche. Rue de Mi­ro­mes­nil (VIIIe), à son bu­reau, l’an­cien chef de l’Etat a d’ailleurs re­çu des coups de fil pen­dant toute la ma­ti­née, au point d’im­pro­vi­ser à la mi-jour­née un dé­jeu­ner avec plu­sieurs de ses lieu­te­nants : Brice Hor­te­feux, Ch­ris­tian Ja­cob, Eric Woerth, Fran­çois Ba­roin ou en­core Laurent Wau­quiez. Ob­jec­tif : gar­der le contrôle de la mai­son LR et évi­ter que sa fa­mille politique n’im­plose. Mais pas ques­tion de lais­ser pla­ner l’hy­po­thèse d’un quel­conque re­tour sur les de­vants de la scène politique : « Il est très at­ten­tif à l’uni­té de sa fa­mille mais il n’a pas du tout l’in­ten­tion de re­prendre le lea­der­ship », as­sure son en­tou­rage. « Son rôle se­ra plu­tôt de mettre du liant entre les uns et les autres dans les se­maines à ve­nir », ajoute-t-on, au grand dam des jup­péistes qui re­doutent la main­mise des sar­ko­zystes sur le par­ti.

Quant aux rai­sons de la dé­faite de la droite au pre­mier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle, le constat de Ni­co­las Sar­ko­zy reste très amer : « La droite a failli, nous n’avons pas par­lé à tous les Fran­çais dans cette cam­pagne », a-t-il lâ­ché de­vant les siens à l’heure du dé­jeu­ner, re­gret­tant « qu’on n’ait no­tam­ment pas as­sez par­lé aux classes po­pu­laires », in­siste-til, en cons­ta­tant que le vote ou­vrier s’est lar­ge­ment dé­tour­né de Fran­çois Fillon. Hier matin, les deux hommes ont d’ailleurs eu l’oc­ca­sion de s’en ex­pli­quer de vive voix par té­lé­phone.

Et que va-t-il faire concrè­te­ment entre ces deux tours de l’élec­tion pré­si­den­tielle ? « Il au­ra une pa­role forte le mo­ment ve­nu, qui se­ra celle d’un an­cien président de la Ré­pu­blique », fait-on sa­voir, lais­sant en­tendre qu’il pour­rait s’ex­pri­mer dans les toutes pro­chaines heures, vrai­sem­bla­ble­ment au­jourd’hui ou de­main.

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