« Grâce à cette ra­dio­thé­ra­pie, je peux conti­nuer à jar­di­ner »

A tes­té une nou­velle tech­nique dont le bilan a été dé­voi­lé hier.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

pour ré­pondre au té­lé­phone. « Soixante mètres car­rés de sa­lon à re­peindre, ça en fait, du bou­lot ! » ex­plique en plai­san­tant ce Nor­mand de 68 ans. L’éner­gie qu’il montre mal­gré son can­cer du foie, Ro­ger la doit à Sa­rah.

Sa­rah, c’est l’acro­nyme de l’étude cli­nique au­quel il a par­ti­ci­pé — comme 459 pa­tients at­teints de car­ci­nome hé­pa­to-cel­lu­laire, un can­cer pri­mi­tif du foie tou­chant 7 000 à 8 000 per­sonnes chaque an­née —et dont les très at­ten­dus ré­sul­tats ont été dé­voi­lés hier par le la­bo­ra­toire Sir­tex.

Il s’agis­sait de com­pa­rer deux tech­niques : le trai­te­ment ac­tuel par chi­mio­thé­ra­pie (le so­ra­fé­nib) et une nou­velle tech­nique de ra­dio­thé­ra­pie dite in­terne sé­lec­tive (Sirt) qui li­bère des mi­cro­billes di­rec­te­ment dans le foie plu­tôt que d’as­saillir le corps.

« LA CHIMIO, JE METS CINQ SE­MAINES POUR M’EN RE­METTRE »

« On ne gagne pas en sur­vie », ad­met Va­lé­rie Vil­grain, chef du ser­vice de ra­dio­lo­gie à l’hô­pi­tal Beau­jon, à Cli­chy (Hauts-de-Seine), et co­or­di­na­trice de l’étude me­née à l’ini­tia­tive de l’As­sis­tance pu­blique - Hô­pi­taux de Pa­ris (AP-HP). « Mais, re­prend le pro­fes­seur, la pro­gres­sion de la ma­la­die est net­te­ment ré­duite et la qua­li­té de vie si­gni­fi­ca­ti­ve­ment amé­lio­rée. Des ef­fets se­con­daires ont dis­pa­ru, comme les diar­rhées, les dou­leurs ab­do­mi­nales in­tenses, le syn­drome main­pied qui en­traîne un épais­sis­se­ment de la peau, des des­qua­ma­tions… »

Ce n’est pas Ro­ger qui di­ra le contraire, lui qui, pour éra­di­quer la ma­la­die dé­cla­rée en avril 2013, est pas­sé par 5 ou 6 chi­mio­thé­ra­pies et 2« tech­niques Sa­rah ». « La chimio, je mets cinq se­maines pour m’en re­mettre. C’est la fa­tigue, la perte d’ap­pé­tit, les bar­bouille­ments, l’en­vie de rien. Avec Sa­rah, je suis pa­traque une jour­née. Mais avec ça, je peux conti­nuer à jar­di­ner, à plai­san­ter… » Très en­tou­ré par son épouse et ses trois en­fants, Ro­ger l’op­ti­miste concè- de une in­quié­tude. L’étude Sa­rah étant ter­mi­née, il va de­voir re­pas­ser par la chimio. « Je sais ce qui m’at­tend, ça va pas être très drôle. » Pour 90 % des pa­tients, la ma­la­die est née d’une cir­rhose due à un al­coo­lisme, une hé­pa­tite C ou une Nash (ma­la­die du so­da). Pour Ro­ger, aucun des trois. « C’est in­ex­pli­cable. Peut-être ai-je été do­pé

à l’in­su de mon plein gré lorsque j’étais ju­do­ka… ou que les es­sais nu­cléaires aux­quels j’ai par­ti­ci­pé n’ont pas ai­dé », iro­nise l’ex-agent EDF.

« L’étude a mon­tré qu’il y a beau­coup d’espoir pour les pa­tients, as­sure Va­lé­rie Vil­grain. La pro­gres­sion de la ma­la­die est la prin­ci­pale cause de décès. Or, là, elle diminue. Nous sommes au dé­but d’une his­toire. »

At­teint d’un can­cer du foie, Ro­ger, 68 ans, a par­ti­ci­pé à l’étude cli­nique Sa­rah.

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