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Em­ma­nuelle et Ghis­lain Bar­dout, plon­geurs pas­sion­nés, étaient hier à Pa­ris pour pré­sen­ter leur nou­velle in­croyable ex­pé­di­tion, Un­der the Pole. Nous les avons ren­con­trés.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - JÉ­RÔME SAGE

la twi­light zone. En bon fran­çais, cette « zone cré­pus­cu­laire » ou « mé­so­pho­tique » à la lu­mi­no­si­té moyenne si­tuée entre une tren­taine de mètres sous la sur­face et les fonds abys­saux des océans, au-de­là de 150 m. Ghis­lain et Em­ma­nuelle Bar­dout, deux tren­te­naires ori­gi­naires de la ré­gion parisienne, plon­geurs confir­més et pas­sion­nés, sont im­pa­tients de par­tir à l’as­saut de ce monde fa­bu­leux. Ils ont moins d’un mois à at­tendre : ils quit­te­ront le 20 mai le port de Con­car­neau (Fi­nis­tère) avec un équi­page de scien­ti­fiques, de ca­me­ra­men et de pho­to­graphes sous-ma­rins. A bord aus­si, Kayak le hus­ky et deux autres « mas­cottes » : Ro­bin et Tom, leurs deux en­fants âgés de 5 et 1 an. Les deux aven­tu­riers étaient hier à Pa­ris pour pré­sen­ter leur nou­velle ex­pé­di­tion.

La troi­sième édi­tion d’Un­der the Pole (« sous le pôle »), qui s’achè­ve­ra en 2020, s’an­nonce ain­si à nulle autre pa­reille, tour­née vers cette nou­velle fron­tière : « La zone des trente pre­miers mètres, lu­mi­neuse, est dé­jà très étu­diée », com­mence Ghis­lain. « Et, au-de­là d’une soixan­taine de mètres, pour­suit Em­ma­nuelle, on em­ploie souvent des sous-ma­rins ou des ro­bots, très coû­teux. Ils sont donc sur­tout uti­li­sés dans les très bas-fonds. »

D’où, note le couple, le « pro­jet scien­ti­fique nou­veau » que consti­tue cet entre-deux d’une ex­plo­ra­tion en plon­gée hu­maine, qui a re­te­nu l’at­ten­tion de scien­ti­fiques à tra­vers le monde. Ain­si, en Arc­tique, une équipe du CNRS se pen­che­ra sur les or­ga­nismes bio­fluo­res­cents et bio­lu­mi­nes­cents. En Po­ly­né­sie fran­çaise, sur la route du pôle Sud, d’autres spé­cia­listes étu­die­ront le rôle des « nur­se­ries » pour les co­raux de cette zone de pro­fon­deur moyenne… Les re­quins-mar­teaux et bou­le­dogues se­ront aus­si étu­diés. Au­tant de pro­grammes scien­ti­fiques soi­gneu­se­ment do­cu­men­tés, fil­més, pho­to­gra­phiés, ra­con­tés à l’usage des cu­rieux ou des éco­liers (un pro­gramme a d’ailleurs été mon­té avec l’aca­dé­mie de Rennes), pour dé­mul­ti­plier l’im­pact de l’ex­pé­di­tion. Car l’idée est de faire prendre conscience qu’« il y a ur­gence à mon­trer tout ça, in­siste Em­ma­nuelle. Sans pes­si­misme, mais pour dire que ça existe et qu’il faut pro­té­ger ces éco­sys­tèmes ».

L’équi­page du « Why », un voi­lier polaire de 20 m où chaque re­coin est uti­li­sé — la niche de Kayak ac­cueille dé­sor­mais des jouets, le congé­la­teur a été conçu pour conser­ver à la fois nour­ri­ture et échan­tillons scien­ti­fiques — a une autre am­bi­tion. In­no­ver en ma­tière de ma­té­riel de plon­gée. Dé­jà à la pointe, ils mettent la der­nière main au pro­gramme « cap­sule » : un ha­bi­tat lé­ger sous­ma­rin, « camp de base avan­cé, ex­plique Ghis­lain, à 10-15 m de pro­fon­deur, qui per­met des plon­gées plus longues, plu­sieurs jours même, de se fondre dans le pay­sage pour ob­ser­ver », sans les contraintes des li­mites tech­niques et phy­sio­lo­giques.

Elle, la na­vi­ga­trice, et lui, le plon­geur, es­pèrent aus­si « mon­trer que, même avec une fa­mille, sans être même nés près de la mer, on peut par­tir à l’aventure ». Une In­dienne de 101ans, Man Kaur, a été sa­crée cham­pionne du monde du 100m, hier, à Au­ck­land (Nou­velle-Zé­lande). Elle cou­rait dans la ca­té­go­rie cen­te­naires des Jeux mon­diaux des maîtres, es­sen­tiel­le­ment dé­diés aux an­ciens ath­lètes. Elle a fait 64’ de plus qu’Usain Bolt, l’ac­tuel cham­pion du monde.

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