« Il évoque ses meurtres com­medes »

Qui a cor­res­pon­du du­rant huit ans avec Fran­cis Heaulme.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS -

Fran­cis Heaulme ne de­mande qu’une chose : « Des timbres », rap­porte Li­liane Glock. Dé­te­nu à la cen­trale d’En­si­sheim (Haut-Rhin), ré­pu­tée abri­ter les pires cri­mi­nels fran­çais (Mi­chel Four­ni­ret, Guy Georges…), le « rou­tard du crime », comme tout « longue peine », aime re­ce­voir du cour­rier. Veuve d’un mil­liar­daire an­glais ex­cen­trique ré­pu­té avoir par­ti­ci­pé à l’at­taque du train pos­tal Glas­gow-Londres, l’ex­man­ne­quin Jane Eland a en­tre­te­nu du­rant près de huit ans « une cor­res­pon­dance abon­dante » avec lui. Dans l’une de ses lettres, il lui « donne des dé­tails de sa vie » et évoque ses meurtres comme « des pé­pins », il lui écrit qu’il « n’a pas tué les deux pe­tits gar­çons » de Mon­ti­gny.

C’est au dé­but des an­nées 2000 que cette femme, qui aime écrire des livres (le der­nier, consa­cré à son époux, s’in­ti­tule « l’In­con­nu du Glas­gow-Londres », Edi­tions du Cherche-Mi­di, 2016), tombe sur une photo du tueur. In­tri­guée par son air apeu­ré, qui ne colle guère à « la mine pa­ti­bu­laire » qu’on at­tend d’un tel cri­mi­nel, elle s’in­té­resse à son par­cours. « Ras­su­rez-vous, je n’étais pas amou­reuse de Fran­cis Heaulme ! rit-elle. J’aime les per­son­nages sin­gu­liers. J’ai uti­li­sé sa vie pour écrire un livre » (« Por­trait d’un tueur », Ram­say, 2004). Quant à cette cor­res­pon­dance, elle l’a vé­cue comme « une ex­pé­rience ».

« Il écrit avec le vo­ca­bu­laire d’un en­fant mais de fa­çon as­sez struc­tu­rée. Et le plus trou­blant, c’est que cet homme qui a tué des per­sonnes de tous âges et de tous sexes a l’air gen­til… Je le per­çois comme un doc­teur Je­kyll et M. Hyde du quart-monde. »

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