Un ro­bot pour ai­der les étu­diants ma­lades

A la fac de Cré­teil, Mor­gane, 21 ans, est la pre­mière étu­diante à pro­fi­ter d’un dis­po­si­tif in­no­vant qui per­met de suivre un cours en am­phi de­puis son do­mi­cile comme si on y était.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - AGNÈS VIVES

Le cours de bio­chi­mie com­mence à l’uni­ver­si­té Pa­ris-Est-Cré­teil (Val-de-Marne). A plu­sieurs di­zaines de ki­lo­mètres de là, en Seine-et-Marne, Mor­gane Le­croi­sey, 21 ans, étu­diante en pre­mière an­née de li­cence, est en­core dans sa chamb re . At ta b l é e d eva n t so n or­di­na­teur, la jeune femme, à la che­ville ban­dée après une rup­ture de li­ga­ments, suit les ex­pli­ca­tions de son pro­fes­seur. Comment ? Non pas par une vi­sio­con­fé­rence clas­sique mais grâce à un ro­bot de té­lé­pré­sence mo­bile. Un ou­til de 1,40 m qui lui per­met à dis­tance de se dé­pla­cer dans la salle, de se rap­pro­cher du ta­bleau, des ex­pé­riences en la­bo­ra­toire, de tra­vailler en groupe avec ses ca­ma­rades.

« Pous­sez-vous, mon­sieur, vous êtes de­vant le ta­bleau », lance-t-elle, en ce ven­dre­di ma­tin. Ch­ris­tophe Mo­rin, le prof, se penche vers le ro­bot où ap­pa­raît le vi­sage de Mor­gane sur l’écran. « Là, ça va ? Tu vois ? » La jeune femme ac­quiesce. avec les co­pains, sou­rit la jeune femme. Je peux po­ser toutes mes ques­tions, en­tendre celles des autres. Ça n’a rien à voir avec un cours par web­cam. » Mieux aus­si que les notes prê­tées par des ca­ma­rades ou des ex­pli­ca­tions à at­tendre par mail au­près des en­sei­gnants.

Chaque an­née, à la fac de sciences, une quin­zaine d’élèves, sur 3 200, ratent des cours sur une longue pé­riode, pour cause de ma­la­die, d’ac­ci­dent, de han­di­cap, de gros­sesse… « Nous avons vou­lu ai­der nos élèves pour évi­ter qu’ils ne dé­crochent et ratent leur an­née, dé­taille Ch­ris­tophe Mo­rin, par ailleurs vice-doyen de l’uni­ver­si­té en charge de la pé­da­go­gie. C’est une so­lu­tion qui leur per­met de suivre les cours in­dis­pen­sables à leur cur­sus. On peut main­te­nir un lien. Ils ne sont pas iso­lés. » Seul bé­mol, ce ro­bot ne peut être l’ava­tar que d’une seule per­sonne.

A ce jour, Mor­gane Le­croi­sey est la pre­mière à en pro­fi­ter réel­le­ment. Même si un en­sei- gnant-cher­cheur s’en est ser­vi pour une con­fé­rence avec des col­lé­giens. « Sans ça, je ne sais pas comment j’au­rais pu faire, avoue l’étu­diante. Pour al­ler à la fac, en trans­ports, avec ma che­ville c’est im­pos­sible. » Elle a ten­té. Mais les es­ca­liers, la sta­tion de­bout, les se­cousses : trop dou­lou­reux. « J’ai déjà re­dou­blé. Je n’ai pas le droit de perdre en­core une an­née. »

Dans une quin­zaine de jours, les par­tiels dé­mar­re­ront. Et là, le ro­bot de té­lé­pré­sence ne pour­ra plus rien faire pour l’étu­diante. Mor­gane de­vra sor­tir de sa chambre et se dé­brouiller toute seule.

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