« On est de­ve­nu amorphe, apa­thique »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

Ra­phaël Glucks­mann re­grette le manque de prise de conscience après la qua­li­fi­ca­tion de Ma­rine Le Pen au se­cond tour de la pré­si­den­tielle. réa­li­té, ce n’est pas le Front na­tio­nal qui a chan­gé, mais nous qui avons chan­gé face à lui. On est de­ve­nu sans conscience, amorphe, apa­thique. l’im­mi­gra­tion, a contri­bué à le nor­ma­li­ser. ses idées, me­ner le com­bat idéo­lo­gique et lut­ter contre le dé­clas­se­ment. Le vote FN n’est pas l’ex­pres­sion d’un ra­cisme ata­vique, mais d’une colère, en un sens lé­gi­time, vis-à-vis des po­li­tiques me­nées. Une par­tie de la so­cié­té se sent au­jourd’hui aban­don­née par la Ré­pu­blique. Ma­rine Le Pen est la seule à par­ler à cette France qui souffre. Le risque est bien plus éle­vé qu’en 2002. Après l’élec­tion de Do­nald Trump et le Brexit, nous de­vrions ti­rer des le­çons d’hu­mi­li­té. C’est pour­quoi toute ter­gi­ver­sa­tion est dan­ge­reuse. Dé­sor­mais, la ques­tion n’est plus Em­ma­nuel Ma­cron, mais pou­vons-nous ac­cep­ter que Ma­rine Le Pen soit pré­si­dente. Il ne s’agit pas seule­ment qu’elle perde, mais qu’elle perde le plus lar­ge­ment pos­sible.

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