Ma­nuel Valls ou comment évi­ter le hors-jeu…

L’an­cien Pre­mier mi­nistre a réuni les siens hier soir à la Mai­son de la chi­mie à Pa­ris.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

LUN­DI, Ma­nuel Valls a été le pre­mier à pro­non­cer l’acte de dé­cès du Par­ti so­cia­liste (PS) : « C’est la fin d’une his­toire », a as­se­né l’an­cien Pre­mier mi­nistre. Des cendres sur les­quelles il en­tend faire re­naître une nou­velle donne po­li­tique. « Ce se­ra un chan­ge­ment cultu­rel, il faut s’y pré­pa­rer », a-t-il dit aux siens (en­vi­ron 400 per­sonnes), qu’il a réunis hier soir à la Mai­son de la chi­mie, à Pa­ris (VIIe). Plus tôt, à la mi-jour­née, il avait convié ses proches à un dé­jeu­ner Chez Fran­çoise, où l’on s’at­table pour our­dir, voir, en étant vu. Au me­nu, la vic­toire au se­cond tour d’Em­ma­nuel Ma­cron fai­sant fi­gure de préa­lable : «Com­ment­par­ti­ci­peràu­ne­ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle ? » confie l’un des par­ti­ci­pants. « L’idée est de sa­voir comment on peut être utile. Ça ne veut pas dire qu’on sort du par­ti. On reste so­cia­liste », ajoute un autre.

De­vant ses troupes, dans la soi­rée, Valls a été plus loin. « Nous de­vons par­ti­ci­per à la ma­jo­ri­té gou­ver­ne­men­tale et à la ma­jo­ri­té par­le­men­taire », leur a-t-il lan­cé, en­dos­sant le cos­tume de porte-dra­peau de cette «coa­li­tion pro­gres­siste. » Non pas En Marche !, mais à ses cô­tés. Une offre de ser­vice re­je­tée d’avance. « Il n’est pas en­vi­sa­geable de tra­vailler avec lui dans le cadre de la fu­ture ma­jo­ri­té », nous as­su­rait hier un proche de Ma­cron. Am­biance…

Même au PS, l’ini­tia­tive de Valls fait bon­dir. Com­men­taire d’un par­le­men­taire so­cia­liste : « Ils ont tous tel­le­ment peur pour leurs cir­cons­crip­tions, qu’ils se jettent dans les bras de Ma­cron. Une coa­li­tion, ça ne peut pas se construire sans socle. » Et, avant de faire conver­ger des pro­jets, il faut être élu dé­pu­té. Or à Evry, fief de l’ex­lo­ca­taire de Ma­ti­gnon, c’est Jean-Luc Mé­len­chon qui est ar­ri­vé en tête di- manche soir, avec 34,68 % des voix… loin de­vant Em­ma­nuel Ma­cron (26,93 %), pour qui Ma­nuel Valls avait ap­pe­lé à vo­ter. Des scores qui laissent au­gu­rer un émiet­te­ment de la gauche si les can­di­da­tures se mul­ti­plient aux lé­gis­la­tives. Or mal­gré ses ap­pels du pied pro­non­cés, En Marche ! a dé­ci­dé d’in­ves­tir un can­di­dat face à Ma­nuel Valls — qui de­vrait l’être par le PS — et, « ce se­ra quel­qu’un de chouette », pro­met-on. Une per­son­na­li­té is­sue de la so­cié­té ci­vile, en me­sure de re­le­ver le gant face à l’ex-chef du gou­ver­ne­ment dans son fief. Pas ga­gné… « Ma­nuel, c’est une marque à lui tout seul », as­sure l’un de ses amis.

Pa­ris, hier. Ma­nuel Valls sou­haite « par­ti­ci­per à la ma­jo­ri­té gou­ver­ne­men­tale ».

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