Adroite,l’im­pos­si­ble­ras­sem­ble­ment ?

Pri­vé de lea­deur in­con­tes­té de­puis la dé­faite de Fran­çois Fillon, la droite cherche à se ras­sem­bler sans vrai­ment y par­ve­nir. Sar­ko­zystes et jup­péistes n’en fi­nissent pas de s’op­po­ser.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - OLI­VIER BEAU­MONT

Ré­pu­bli­cain com­men­ce­rait-il à prendre l’eau ? Il n’au­ra fal­lu que quelques heures, après la cin­glante dé­faite de Fran­çois Fillon, avant que les pre­mières fis­sures n’ap­pa­raissent sur la coque…

Hier, cer­taines fi­gures de la droite ont même été jus­qu’à don­ner des pre­miers signes de ral­lie­ments à Em­ma­nuel Ma­cron… ou à Ma­rine Le Pen. Cette der­nière a re­çu le sou­tien de Ch­ris­tine Bou­tin, l’an­cienne pré­si­dente du Par­ti chré­tien dé­mo­crate (par­ti pour­tant af­fi­lié à LR), qui s’est pro­non­cée sur son compte Twit­ter pour un « vote ré­vo­lu­tion­naire » en fa­veur de la can­di­date du Front na­tio­nal. Bru­no Le Maire, an­cien mi­nistre de Ni­co­las Sar­ko­zy et can­di­dat bat­tu à la pri­maire de no­vembre der­nier, a, lui, de son cô­té confir­mé qu’il vo­te­rait bien pour Ma­cron le 7 mai et qu’il n’ex­cluait pas de par­ti­ci­per au gou­ver­ne­ment si En Marche ! n’avait pas de « ma­jo­ri­té claire ».

Pour le reste, ce sont les lignes de frac­ture tra­di­tion­nelles entre jup­péistes et sar­ko­zystes qui sont ré­ap­pa­rues au grand jour. Entres les te­nants d’une droite dure cam­pée sur sa jambe iden­ti­taire et ré­ga­lienne, in­car­née par les sou­tiens de l’an­cien chef de l’Etat, et ceux par­ti­sans d’une droite « li­bé­rale, hu­ma­niste et eu­ro­péenne », pour re­prendre les propres mots du maire de Bor­deaux.

Les deux camps ont d’ailleurs cha­cun or­ga­ni­sé hier leur réunion. Le ma­tin pour les sar­ko­zystes, près de 70 élus se sont re­trou­vés dans un res­tau­rant cou­ru du VIIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris. Le soir pour les jup­péistes, une cen­taine d’entre eux, mais aus­si quelques per­son­na­li­tés comme Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet, Va­lé­rie Pé­cresse et Jean-Pierre Raf­fa­rin, ont dis­cu­té à l’heure de l’apé­ro dans une bras­se­rie du Ier. « On ne veut pas d’un par­ti pha­go­cy­té par une ar­mée de conser­va­teurs », a at­ta­qué l’un deux, Do­mi­nique Bus­se­reau, lais­sant en­tendre qu’ils ne lais­se­ront pas le très sar­ko­zyste Laurent Wau­quiez prendre les clés des Ré­pu­bli­cains, comme il l’es­père, au len­de­main des lé­gis­la­tives. Mais qui pour­rait lui bar­rer la route dans la pers­pec­tive d’une éven­tuelle élec­tion in­terne pour dé­si­gner le suc­ces­seur de Fran­çois Fillon ? « Et pour­quoi pas Xa­vier Ber­trand, Gé­rald Dar­ma­nin ou Va­lé­rie Pé­cresse », s’in­ter­roge un autre dé­pu­té jup­péiste.

Sur­tout,mê­me­par­mi­les­sup­por­teurs de l’an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique, plu­sieurs failles sont ap­pa­rues lors de la réunion du ma­tin. Cer­tains, comme Georges Fe­nech, at­ta- quant ceux qui ont très ou­ver­te­ment fait cam­pagne pour Fillon. « Vous avez aus­si votre part de res­pon­sa­bi­li­té dans la dé­faite », a re­pro­ché le dé­pu­té du Rhône, en vi­sant par­ti­cu­liè­re­ment Luc Cha­tel, porte-pa­role de cam­pagne du can­di­dat de la droite. D’autres, comme Ch­ris­tian Es­tro­si, re­pro­chant aux siens de ne pas ap­pe­ler ou­ver­te­ment à vo­ter pour Em­ma­nuel Ma­cron. Mais gare à ceux qui se­raient ten­tés de re­joindre le camp du can­di­dat d’En Marche ! « Quand l’an­ti­lope quitte le trou­peau, elle ter­mine gé­né­ra­le­ment sur le tam-tam », a même aver­ti Brice Hor­te­feux, re­pre­nant un dic­ton afri­cain…

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