La cour d’as­sises de la Somme a exa­mi­né hier la per­son­na­li­té de Mar­cel Ruf­fet, ac­cu­sé du car­nage de Roye (Somme) à l’été 2015. Un être psy­cho­ri­gide qui dé­tes­tait les gens du voyage au­près des­quels il vi­vait.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

ses­frè­re­set­soeur­sin­ter­ro­gés­du­rant l’ins­truc­tion mais non ci­tés de­vant la cour, vé­cu une en­fance heu­reuse. « Mes pa­rents m’ont ap­pris à tra­vailler, à res­pec­ter les gens. A cette époque-là, on di­sait bon­jour et au re­voir », se targue cet ac­cu­sé au crâne dé­gar­ni au­quel la pré­si­dente doit s’adres­ser en criant dans son mi­cro pour sur­mon­ter les pro­blèmes d’au­di­tion. Ini­tié dès l’ado­les­cence au mé­tier, c’est tout na­tu­rel­le­ment qu’il ex­ploite un ma­nège et un stand­de­tirà­son­comp­teà­son­re­tour de l’ar­mée. sion chez Mar­cel Ruf­fet. Lors­qu’il le ren­contre six mois après la fu­sillade, l’ex­pert psy­cho­logue constate à quel point il est en­core « en­kys­té dans sa colère ». « Sa fu­reur contre les gens du voyage n’a pas fai­bli, il en parle comme de la pour­ri­ture », sou­ligne Jean-Luc Ployé, frap­pé par l’ab­sence de re­gret­sex­pri­mé­par­ce­pè­re­de­qua- tre en­fants que seul l’as­sas­si­nat d’un gen­darme semble avoir ému. « Vous ne re­gret­tez pas de ne pas avoir quit­té le camp comme plu­sieurs membres de votre fa­mille vous l’avaient conseillé ? » in­ter­roge à plu­sieurs re­prises la pré­si­dente. « Oh que si, ré­pond cet homme ri­gide. Mais voi­là, c’est fait, c’est fait. »

Sa per­son­na­li­té pou­vait-elle an­non­cer le pas­sage à l’acte de la part d’un homme chez le­quel l’ex­pert psy­chiatre a dé­ce­lé « un ca­rac­tère à to­na­li­té pa­ra­noïaque » ? Pas pour ses frères et soeurs, in­ca­pables d’ex­pli­quer un tel geste. « Il a dû y avoir un truc », se per­suade l’un de ses frères. « Oui, il y a une rai­son mais je ne me sou­viens de rien », as­sure Mar­cel Ruf­fet, qui se­ra in­ter­ro­gé sur les faits dans les pro­chains jours.

Dans son cercle in­time en re­vanche, la vio­lence re­vient comme un leit­mo­tiv. « Il avait la main leste. Il me frap­pait quand il était al­coo­li­sé.Il bu­vai­té­nor­mé­ment», a dé­taillé son ex-femme. « Mais alors, pour­quoi elle est re­ve­nue ? ré­plique le sep­tua­gé­naire. Je l’ai peut-être gi­flée mais je ne l’ai pas ta­pée » Sa fille aî­née, qui l’ap­pelle « le monstre », évoque, en sus des coups, les hu­mi­lia­tions su­bies. A l’en­quê­trice de per­son­na­li­té, elle était la seule à ne pas se dire sur­prise par ses actes.

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