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Le Parisien (Paris) - - FAMILLE -

est l’op­po­sé du pe­tit coup de mou qu’on dé­teste tous. L’élixir des pa­rents par­fois dé­bor­dés par leurs obli­ga­tions quo­ti­diennes. La niaque, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, fait tri­ple­ment l’ac­tua­li­té. Après les 3es Ren­contres de la niaque, qui réunis­saient spor­tifs de haut ni­veau et en­tre­pre­neurs à Pa­ris en dé­but d’an­née, le film « la Niaque » an­non­cé dé­but mai et re­bap­ti­sé « De toutes mes forces », avec l’ac­trice Yo­lande Mo­reau au cas­ting, voi­ci le livre sur un état d’es­prit que l’on rêve de tou­jours avoir le ma­tin au ré­veil.

Pas fa­cile pour­tant de gar­der éter­nel­le­ment la pêche. Dans notre vie, elle peut tou­te­fois être tout « un art », as­sure la neu­ro­psy­cho­logue amé­ri­caine An­ge­la Du­ck­worth, au­teur de « l’Art de la niaque », qui vient d’être pu­blié en France après avoir fait un car­ton ou­treAt­lan­tique. « Les ef­forts comptent double » et la niaque per­met d’ar­ri­ver à ses fins « sans avoir né­ces­sai­re­ment un grand ta­lent et en­core moins le QI d’Al­bert Ein­stein, un par­cours sco­laire sans ac­croc ou être né dans une fa­mille ai­sée », ras­sure ain­si la scien­ti­fique amé­ri­caine qui en connaît un rayon en pug­na­ci­té, per­sé­vé­rance et vo­lon­té.

Après avoir dé­mis­sion­né d’un poste très bien ré­mu­né­ré de consul­tante, elle a d’abord choi­si d’en­sei­gner les maths dans des quar­tiers dé­fa­vo­ri­sés, avant de tout quit­ter une nou­velle fois pour se lan­cer, avec suc­cès, dans un doc­to­rat de neu­ro­psy­cho­lo­gie !

Pour cette bat­tante, la clé du suc­cès s’ap­pelle le « grit », un cock­tail de mo­ti­va­tion, de cran et d’en­du­rance que l’on tra­duit ici par « niaque ». Et ce­la s’ac­quiert ! « La niaque, c’est un peu le bon­heur si je veux, ré­sume le psy­cha­na­lyste Pierre Co­che­teux. Elle sup­pose d’ac­cep­ter une part de risque dans ce qu’on en­tre­prend, sans trop se po­ser de ques­tions, ni se lais­ser blo­quer par ses émo­tions. » Face à l’obs­tacle, on ne com­mence pas à tour­ner en rond en se di­sant « je n’y ar­ri­ve­rai ja­mais ! ». On se bouge, on se dé­mène. « Ce­la évite de co­gi­ter tout en pro­cu­rant une belle éner­gie », sou­ligne le spé­cia­liste.

Face à un ado scot­ché de­vant son or­di­na­teur au lieu de ré­vi­ser, on évite les mots qui tuent. On ne lui dit pas : « T’es un vrai mol­lusque ! » On le sti­mule, en lui don­nant un ob­jec­tif : « In­vite donc des co­pains, ce week-end ! » Les ser­mons ne servent à rien.

La niaque s’ap­prend par étapes. On n’ou­blie pas de don­ner l’exemple : in­utile de le ra­brouer s’il passe sa vie à jouer aux jeux vi­déo alors que l’on passe soi-même sa vie sur son smart­phone. La niaque, c’est chaque jour une pe­tite ac­tion, une pe­tite réus­site que l’on sa­voure et que l’on fait par­ta­ger à son conjoint ou à ses en­fants. Si votre fa­mille est fière de vous, il y a alors toutes les chances pour qu’elle soit plus épa­nouie. Les en­fants s’ins­pirent du com­por­te­ment des adultes bien plus qu’on ne l’ima­gine. Tous les grands cham­pions l’ont for­cé­ment, pour sur­mon­ter leurs échecs, bles­sures phy­siques et pas­sages à vide. Pour le skieur Ju­lien Li­ze­roux, mul­ti­mé­daillé mais aus­si te­nu éloi­gné plu­sieurs fois des pistes à cause de lourdes bles­sures, la niaque joue un rôle « pré­pon­dé­rant », dans la vie de tous les jours comme sur des skis. « Dans les mo­ments plus dif­fi­ciles, elle per­met de gar­der es­poir, de se fo­ca­li­ser sur le po­si­tif et de pro­fi­ter un maxi­mum des bons ré­sul­tats ou d’une bonne san­té. La niaque me per­met de mettre toutes les chances de mon cô­té pour at­teindre les buts que je me fixe. » Un exemple à suivre… sans faire d’ex­ploits mais en s’y met­tant tout dou­ce­ment et par étapes. « L’Art de la niaque »,

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