I

Le Parisien (Paris) - - SPORTS -

l s’agit d’un ga­la gran­diose ra­me­né au rang de ker­messe des écoles. La dé­ci­sion de Leo­nar­do Jar­dim, le coach mo­né­gasque, de ve­nir avec son équipe ré­serve à Pa­ris li­mite gran­de­ment le sus­pense et l’in­té­rêt d’une af­fiche de rêve entre les deux clubs qui planent sur la Ligue 1.

Plu­tôt que des re­proches, ce choix sou­lève le re­gret égoïste d’être pri­vé du par­fum des grands ren­dez-vous qui n’en­ve­loppe le Parc des Princes, à gui­chets fer­més ce soir, que ponc- tuel­le­ment dans une sai­son. Mais le choix est ha­bile de la part du coach por­tu­gais et de sa di­rec­tion. Plu­tôt que d’of­frir une re­vanche à ses jeunes pro­diges, épar­pillés en pe­tits mor­ceaux lors de la finale de la Coupe de la Ligue (4-1), il pré­serve l’es­sen­tiel. Au­tant que les corps, il épargne les têtes. Quel que soit le ré­sul­tat de cette ren­contre, il ne pol­lue­ra pas le sprint fou dans le­quel est lan­cé Mo­na­co. Le club vise la finale de la Ligue des cham­pions, au bout de sa de­mi-finale contre la Ju­ven­tus Tu­rin. Et il n’est plus qu’à quatre vic­toires, au maxi­mum, du titre de cham­pion de France.

Pour Pa­ris, c’est dif­fé­rent. Unai Eme­ry, qui pro­gresse au moins aus­si vite en langue de bois qu’en fran­çais, ne veut pas ad­mettre l’avan­tage que le PSG tire de cette si­tua­tion. « Jar­dim va ali­gner les meilleurs joueurs », a as­su­ré le coach es­pa­gnol, sans pré­ci­ser s’il croyait à un grand bluff de son confrère ou si Mo­na­co était tel­le­ment fort à ses yeux que Car­do­na et Mbap­pé étaient in­ter­chan­geables. La ro­ta­tion an­non­cée au­ra bien lieu, au vu du groupe an­non­cé : Glik, Je­mer­son, Ba­kayo­ko, Mou­tin­ho, Le­mar, Mbap­pé et Fal­cao sont res­tés en prin­ci­pau­té.

Le 1er avril, après son suc­cès en Coupe de la Ligue, Pa­ris es­pé­rait dé­sta­bi­li­ser Mo­na­co. Il a consta­té amè­re­ment que la se­cousse n’avait même pas lé­zar­dé le bel édi­fice prin- ci­pau­taire (six vic­toires de­puis). Quand le PSG doit se trou­ver d’autres mo­ti­va­tions. La vexa­tion de ne plus être l’épi­centre de l’at­ten­tion est un mo­teur qu’il ac­tionne ré­gu­liè­re­ment de­puis quelques se­maines. « Nous avons mon­tré que nous pou­vions bien jouer et ga­gner contre Mo­na­co, rap­pelle Eme­ry. Tout comme nous avons aus­si dé­mon­tré que, si nous ne jouions pas 100 %, concen­trés, nous pou­vions perdre ou faire match nul. » Dans le même ordre d’idées, le ma­na­geur a re­fu­sé de louer in­di­vi­duel­le­ment le moindre joueur ad­verse, pas même Mbap­pé dont le nom lui était souf­flé : « Je veux les joueurs qui sont au PSG. »

Au mo­ment où Mo­na­co a ren­voyé la Coupe de France, doyenne des com­pé­ti­tions, au rang d’épine dans le pied, le PSG en fait un ob­jec­tif à part en­tière. Parce que c’est la 100e édi­tion, mais aus­si car le club de la ca­pi­tale peut dé­pas­ser l’OM co­re­cord­man avec 10 vic­toires. Et aus­si, sans doute, parce que cette épreuve a de plus en plus de chances d’être le der­nier tro­phée à sa por­tée cette sai­son.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.