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Le Parisien (Paris) - - HIPPISME -

ls sont fous fu­rieux, et ils sont mis en scène par un dingue. Après un suc­cès phé­no­mé­nal en 2014 — 333 M$ de re­cettes aux EtatsU­nis, près de 3 mil­lions d’en­trées en France — les Gar­diens de la ga­laxie re­viennent dans un nou­vel opus en­core plus spec­ta­cu­laire. Et tou­jours dans la même veine co­mique : ces per­son­nages, is­sus d’une BD Mar­vel, forment une bande de mer­ce­naires au pas­sé trouble ame­nés à ré­gu­liè­re­ment sau­ver la ga­laxie de me­naces mons­trueuses Dans ce deuxième vo­let, tou­jours réa­li­sé par James Gunn, ils doivent lut­ter, entre autres, contre un dieu vi­vant très am­bi­tieux pré­nom­mé Ego.

Cette sé­rie d’his­toires de science-fic­tion re­pose certes sur des dia­logues, per­son­nages et si­tua­tions co­miques qui font son suc­cès, mais aus­si sur son es­thé­tique fu­tu­riste et ses scènes d’ac­tion dé­coif­fantes, qui ont de­man­dé beau­coup d’ef­fets spé­ciaux. Le film a né­ces­si­té le re­cours à des tech­niques « à l’an­cienne », qui doivent beau­coup à la per­son­na­li­té et au par­cours de James Gunn, que nous avons ren­con­tré avant-hier à Londres avec ses co­mé­diens. Gunn fut un pi­lier de Tro­ma, so­cié­té de pro­duc­tion amé­ri­caine spé­cia­li­sée dans les films de science-fic­tion et d’hor­reur à tout pe­tit bud­get et « bri­co­lés » avec les­moyens­du­bord.Pa­sé­ton­nant, donc, que le ci­néaste ait adap­té ces tech­niques à un film au bud­get co­los­sal de 170 M$ : « Les ef­fets spé­ciaux se sont ré­vé­lés beau­coup plus com­pli­qués que sur le pre­mier film. Ce­la a im­pli­qué pas mal d’ar­ran­ge­ments nu­mé­riques, mais je ne vou­lais pas que tout soit réa­li­sé en post­pro­duc­tion. Nous avons donc cons­truit le plus de dé­cors pos­sible. Nous avons par exemple fa­bri­qué de toutes pièces des pla­teaux de tour­nage gi­gan­tesques pour les dé­cors de la pla­nète du dieu Ego. »

Ce qui n’a pas été sans po­ser quelques pro­blèmes de plan- ning, no­tam­ment pour l’in­croyable sé­quence d’ou­ver­ture, dans la­quelle les Gar­diens se battent pen­dant que le bé­bé-arbre hu­ma­noïde Ba­by Groot danse : « C’est simple, cette scène a de­man­dé deux ans de tra­vail, pré­cise James Gunn. Parce qu’il y a beau­coup d’ac­tion en conti­nu dans un es­pace gi­gan­tesque et énor­mé­ment d’ef­fets spé­ciaux, tout de­vait être ré­glé au mil­li­mètre près. »

Même prin­cipe pour le ma­quillage des co­mé­diens : pas ques­tion pour James Gunn de les re­tra­vailler en post­pro­duc­tion. Mi­chael Roo­ker, qui in­ter­prète le vo­leur Yon­du, a la peau en­tiè­re­ment bleue, tan­dis que Zoe Sal­da­na — l’hé­roïne bleue d’« Ava­tar » — est verte des pieds à la tête pour son rôle de Ga­mo­ra. « J’avais droit à trois à quatre heures de ma­quillage chaque ma­tin pour trans­for­mer mon vi­sage et mon corps, sou­rit la co­mé­dienne. J’ai pas­sé plu­sieurs mois dans la peau d’une femme verte. » Mieux en­core, le vé­té­ran Kurt Rus­sell, 66 ans, alias le dieu Ego, ap­pa­raît dans une longue scène à l’âge de 25 ans. Un ef­fet bluf­fant : on ju­re­rait voir l’ac­teur tel qu’il tour­nait dans les an­nées 1970. A-t-il été nu­mé­ri­sé ? « Pas du tout, ex­plique le co­mé­dien. Le ma­quilleur, avec le­quel je tra­vaille de­puis très long­temps, a oeu­vré sur mon vi­sage pour me ra­jeu­nir, et James Gunn a ado­ré le ré­sul­tat. »

Ce qui n’em­pêche pas que cer­tains per­son­nages comme Ba­by Groot ou Ro­cket, le ra­ton la­veur ato­mique, ont été en­tiè­re­ment créés sur or­di­na­teur. Mais leurs lignes de dia­logues sont si hi­la­rantes et ils se fondent tel­le­ment bien dans les dé­cors en dur de James Gunn, au coeur des ex­plo­sions ga­lac­tiques, qu’on n’y voit que du feu : on en re­de­mande.

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