MA­RINE LE PEN EST-ELLE UNE CAN­DI­DATE COMME LES AUTRES ?

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - ANNE COL­LIN

Oui,

même si elle reste ex­tré­miste. La preuve, elle monte à chaque élec­tion. Les gens sont ha­bi­tués à la voir dans le pay­sage po­li­tique et elle plaît de plus en plus. Même si je ne suis pas d’ac­cord avec ses idées, je ne trou­ve­rai pas nor­mal qu’il n’y ait pas de dé­bat de 2d tour sous pré­texte que c’est Le Pen. Ce­la fait par­tie de la dé­mo­cra­tie…

Oui,

mal­heu­reu­se­ment. Même si le dis­cours du FN est tou­jours le même. Mais de­puis trois quin­quen­nats, on a in­té­gré l’idée que l’on de­vra sans doute al­ler vo­ter contre Le Pen à chaque élec­tion. Je dois avouer que je n’étais pas sur­pris par le ré­sul­tat de ce pre­mier tour, ce n’était pas un choc comme il y a quinze ans : c’est triste, mais c’est comme ça.

Non,

les ex­trêmes ne peuvent pas être des par­tis nor­maux. Mais bon, soit le FN est lé­gal et on res­pecte le jeu des élec­tions ; soit on l’in­ter­dit. Même si Ma­rine Le Pen a édul­co­ré le dis­cours du FN, le par­ti reste le même que ce­lui de son père… qui, lui, n’a ja­mais vou­lu être pré­sident. Je sais que je ne me join­drai pas aux dé­fi­lés… s’il y en a.

Oui,

elle a été lé­gi­ti­mée par les 7 mil­lions de per­sonnes qui ont vo­té pour elle. Ma­rine Le Pen parle aux gens. Il y a clai­re­ment une évo­lu­tion par rap­port à son père. D’ailleurs, je me pose la ques­tion pour le se­cond tour de vo­ter pour elle, bien qu’il y ait des choses qui me gênent dans son pro­gramme. Je n’ai pas en­core fait mon choix.

Pas vrai­ment,

car elle est

xé­no­phobe. Mais il y a bien eu un chan­ge­ment car en 2002 j’étais de toutes les ma­ni­fes­ta­tions à Bas­tille. Et là, cette an­née, per­sonne ne bouge ou presque. Moi le pre­mier : di­manche soir, je n’ai pas pen­sé à des­cendre dans la rue alors qu’un fas­cisme est aux portes du pou­voir et que j’ai la boule au ventre.

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