« Vous pen­sez qu’ils peuvent chan­ger quelque chose ? »

Ou­vrier chez Whirl­pool

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

paille, si­non. Il y a beau­coup de femmes seules, des gens qui viennent de bâ­tir leur mai­son. La vie, quoi… » Elle s’in­ter­roge : « Est-ce qu’il com­prend les ou­vriers ? Je ne sais pas. Ma­rine Le Pen aus­si, elle a de l’ar­gent, mais ça se voit moins. »

Ch­ris­tophe res­sasse : « Il dit qu’il suf­fit de tra­vailler pour s’ache­ter un cos­tard. Nous, on veut bien tra­vailler, mais on nous en­lève notre bou­lot. L’Eu­rope, on n’est pas contre, mais elle est où l’éga­li­té de la main-d’oeuvre ? » Le site doit être dé­lo­ca­li­sé en Po­logne. L’ou­vrier évoque le gel des sa­laires, l’adieu à cer­tains jours de RTT, les sa­me­dis tra­vaillés. Au­tant de « sacrifices » consen­tis pour sauvegarder l’em­ploi. « On ne com­prend pas tout ce qui se passe, mais ça ne fait pas de nous des illet­trés », achève-t-il.

Em­ma­nuel Ma­cron dé­barque der­rière une fo­rêt de mi­cros et de ca­mé­ras.Le­con­cert­de­huée­sac­croît la ten­sion. Les « Ma­rine pré­si­dente » aus­si. Tout comme les éma­na­tions de pneus brû­lés. « Il faut l’en­fu­mer ! » Des in­sultes fusent. Au terme d’une lente dé­am­bu­la­tion, Ma­cron com­mence son dia­logue avec les sa­la­riés. Après qua­rante-cinq mi­nutes, Ma­ria, op­po­sante fa­rouche, fi­nit par lui ser­rer la main. Nadine lui trouve du cran. « Ma­rine Le Pen a fait quelques selfies, elle n’a pas vrai­ment par­lé. Lui si, ap­pré­cie-t-elle. Il n’a pas fait de pro­messes en l’air. Ça, c’est bien, au moins. » Mais ces « belles pa­roles » n’ont pas convain­cu Ma­ria. Con­trai­re­ment à celles de Ma­rine Le Pen. « Elle, elle nous a dit qu’elle ne fer­me­rait pas l’usine… » Le re­gard un peu triste, Ch­ris­tophe ob­serve : « Sin­cè­re­ment, vous pen­sez qu’ils se­ront ca­pables de chan­ger quelque chose ? »

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