Des voi­tures neuves de plus en plus chères

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Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR ERWAN BENEZET @er­wan­be­ne­zet

P rix de vente moyen d’une voi­ture neuve en 2016 : 25 828 €. Soit 720 € de plus que l’an­née pré­cé­dente (+ 2,9 %), se­lon une étude que ré­vèle ce ma­tin l’Argus* et que nous avons pu consul­ter en ex­clu­si­vi­té. De­puis plus de soixante ans, les ex­perts de ce groupe spé­cia­li­sé dans les ser­vices aux pro­fes­sion­nels de l’au­to­mo­bile aus­cultent les évo­lu­tions tech­niques des grandes ca­té­go­ries d’au­to­mo­biles, comme la taille, le poids, la consom­ma­tion ou en­core les per­for­mances. Et bien en­ten­du le prix. « Même si cer­taines ca­rac­té­ris­tiques n’évo­luent plus qu’à la marge, le prix, lui, conti­nue de su­bir une in­fla­tion qua­si per­ma­nente, com­mente Alexandrine Breton des Loÿs, pré­si­dente de l’Argus. La voi­ture moyenne coûte au­jourd’hui 6 000 € de plus qu’en 2010. » L’au­to­mo­bile n’est dé­ci­dé­ment pas un bien de consom­ma­tion comme les autres. Les sou­bre­sauts de la crise éco­no­mique n’ont al­té­ré en rien cette pas­sion fran­çaise.

Mais du cô­té des construc­teurs, comment ex­plique-t-on une telle in­fla­tion ? L’élec­tro­nique tout d’abord. La moindre voi­ture de base est de­ve­nue un vé­ri­table bi­jou high­tech. Pour as­su­rer la sé­cu­ri­té, mais aus­si le confort et l’agré­ment de conduite. La pro­tec­tion de l’environnement en­suite. La ré­gle­men­ta­tion en la ma­tière im­pose aux construc­teurs des tech­no­lo­gies tou­jours plus com­plexes et coû­teuses pour bais­ser les ni­veaux de re­jets de gaz et de par­ti­cules fines de leurs mo­teurs. Or un sys­tème de dé­pol­lu­tion en sé­rie sur les pots d’échap- pe­ment coûte au­jourd’hui entre 500 et 2 000 €. Et la norme Eu­ro 6d qui ar­rive en sep­tembre ne va pas in­ver­ser la ten­dance.

L’évo­lu­tion des mo­dèles pèse éga­le­ment. Au­jourd’hui, près d’un tiers (29 %) des voi­tures ven­dues en France sont des SUV (Sport Uti­li­ty Ve­hicle). Or ces faux 4 x 4 ur­bains au châs­sis sur­éle­vé sont sys­té­ma­ti­que­ment plus chers que les ber­lines dont ils s’ins­pirent. De 4 694 € d’écart entre un pe­tit SUV et une po­ly­va­lente, jus­qu’à 22 157 € de plus entre un SUV de luxe et une grande ber­line fa­mi­liale. Un en­goue­ment dont pro­fitent lar­ge­ment les construc­teurs. Si le mar­ché a pro­gres­sé de 5 % en 2016 avec 2,015 mil­lions de vé­hi­cules ven­dus, le chiffre d’af­faires glo­bal du sec­teur a lui bon­di de 8 %, à 52 Mds€. De quoi ti­rer lar­ge­ment les prix vers le haut.

Autre fac­teur : les nou­velles stra­té­gies com­mer­ciales des ven­deurs. Plu­tôt que de mettre en avant le prix to­tal de la voi­ture, ces der­niers optent dé­sor­mais pour des pro­po­si­tions men­sua­li­sées. « Les ache­teurs se rendent ain­si moins fa­ci­le­ment compte de ce que leur nou­velle voi- ture leur coû­te­ra réel­le­ment », pour­suit Alexandrine Breton des Loÿs. En­fin, l’ex­perte pointe le re­cul de la part des par­ti­cu­liers chez les ache­teurs. « Ils ne re­pré­sentent plus que 47 % du mar­ché neuf, ex­pli­quet-elle. Le reste se ré­par­tit prin­ci­pa­le­ment entre les flottes d’entreprise et la lo­ca­tion courte du­rée. Ce qui là aus­si a ten­dance à ti­rer les prix vers le haut. » La preuve ? Se­lon l’Argus, la voi­ture la plus ven­due aux par­ti­cu­liers en 2016 est la Da­cia San­de­ro. Prix de dé­part : 7 990 € ! Bien loin donc des 25 828 € du prix moyen.

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