Elle cour­tise aus­si Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan

En vue du se­cond tour, les 4,7 % du can­di­dat sou­ve­rai­niste pèsent lourd.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

le plus cour­ti­sé par Ma­rine Le Pen de­puis di­manche. Fort de ses 4,7 % au pre­mier tour de la présidentielle, le sou­ve­rai­niste Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan fait sa­li­ver le FN. Le par­ti lorgne sur son 1,7 mil­lion d’élec­teurs, mais pas seule­ment. Si les proches de la can­di­date es­pèrent que le fon­da­teur de De­bout la France ap­pel­le­ra à vo­ter pour elle au se­cond tour, c’est aus­si pour la por­tée sym­bo­lique du geste. « Ce­la per­met­trait de faire sau­ter un ver­rou », dé­crypte Jé­rôme Ri­vière, ex-dé­pu­té UMP in­ves­ti cette an­née dans le Var sous l’éti­quette FN. Le par­ti par­vien­drait ain­si à ob­te­nir le sou­tien d’une for­ma­tion po­li­tique. Une pre­mière, puisque, à l’ex­cep­tion de très pe­tites for­ma­tions(com­me­leSiel),leFNa­tou­jours été iso­lé, os­tra­ci­sé même. Pour l’heure, l’ha­bi­tuel­le­ment très pro­lixe dé­pu­té de l’Es­sonne en­tre­tient le mystère. Di­manche soir, il as­su­rait qu’il don­ne­rait une consigne de vote en dé­but de se­maine… Mais de­puis, c’est si­lence ra­dio. Il a même an­nu­lé hier sa con­fé­rence de presse pro­gram­mée au­jourd’hui. « Au­cune dé­ci­sion n’a en­core été ar­rê­tée », ba­laie son en­tou­rage. Il est vrai que la ques­tion di­vise au sein de De­bout la France. Lun­di, le conseil na­tio­nal du par­ti n’a pas réus­si à tran­cher, la moi­tié des 200 membres se sont pro­non­cés pour une consigne de vote FN, l’autre moi­tié contre…

Dans les cou­lisses, l’heure se­rait aus­si aux né­go­cia­tions. A en croire plu­sieurs proches de Ma­rine Le Pen, qui pré­fèrent se re­tran­cher der­rière un pru­dent ano­ny­mat, des contacts ré­gu­liers sont en cours entre NDA et le FN. La can­di­date elle-même au­rait ré­gu­liè­re­ment dé­cro­ché son té­lé­phone de­puis le 23 avril, se­lon un de ses proches. Et elle au­rait dî­né avec lui quelques se­maines avant le pre­mier tour. Le prin­ci­pal in­té­res­sé, lui, dé­ment éner­gi­que­ment : « Ces cadres FN se trompent », as­su­rait hier après-mi­di Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan.

Mais du cô­té FN on per­siste et signe. En pré­ci­sant que les dis­cus­sions portent sur les législatives ou en­core sur cer­tains as­pects du pro­gramme : « On lui fait sa­voir que la pre­mière des prio­ri­tés pour nous, c’est la lutte contre l’is­la­misme, pas la sor­tie de l’eu­ro », sou­ligne un lieu­te­nant de Ma­rine Le Pen.

En­fin, il s’agit de bien for­mu­ler et de mettre en scène ce rap­pro­che­ment : « Puis­qu’il s’agi­ra d’un sou­tien et pas d’un ral­lie­ment », pré­cise un autre cadre FN. De­bout la France et le FN par­tagent il est vrai des idées. Du­pont-Ai­gnan s’aga­çait ain­si que Le Pen lui ait « pi­qué » son concept de « pa­trio­tisme in­tel­li­gent », une autre fa­çon de par­ler du pro­tec­tion­nisme. Mais NDA, qui se re­ven­dique hé­ri­tier du gaul­lisme so­cial, a-t-il vrai­ment in­té­rêt à (trop) se rap­pro­cher du FN ?

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