«Jen’at­tend­srien, mais­je­veux­mon­trer­ma­co­lère»

A l’ins­tar de Chloé, à Pa­ris, plu­sieurs cen­taines de ly­céens ont ma­ni­fes­té hier contre l’af­fiche du se­cond tour de la présidentielle.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CHRISTEL BRIGAUDEAU

glis­ser un bul­le­tin dans l’urne, la se­maine pro­chaine au se­cond tour de la présidentielle, Zoé, 17 ans, a pro­me­né hier une pan­carte et ses che­veux bleus, entre les places de la Ré­pu­blique et de la Na­tion, au cours d’une ma­ni­fes­ta­tion sau­vage ras­sem­blant plu­sieurs cen­taines de ly­céens à Pa­ris. Se­lon l’Edu­ca­tion na­tio­nale, une ving­taine d’éta­blis­se­ments de la ca­pi­tale ont été di­ver­se­ment per­tur­bés, et « quelques rares ras­sem­ble­ments » de jeunes ont eu lieu en pro­vince.

« On a 17 ans, on ne peut pas vo­ter, mais on veut chan­ger les cho­sesà­no­tre­ma­nière»,ex­plique Zoé, en ter­mi­nale lit­té­raire au­ly­céeJules-Fer­ry.La­pan­carte à son bras laisse peu de doute quant à son re­jet de Ma­rine Le Pen : « Grâce au FN, voya­gez dans le pas­sé ! » a-t-elle écrit au mar­queur, au­tour d’un col­lage dé­tour­nant avec hu­mour des pu­bli­ci­tés des an­nées 1950. Sa co­pine Louise a re­cy­clé un adage plus clas­sique : « la jeu­nesse em­merde le F-haine ».

Les co­pines, avant de re­tour­ner à leurs ré­vi­sions du bac, prennent la pluie près de la Na­tion, en at­ten­dant que le cor­don de gen­darmes mo­biles for­mé au­tour des der­niers mar­cheurs ne les laisse re­ga­gner le mé­tro. Quel ré­sul­tat au­ra leur coup d’éclat ? « Je n’at­tends rien, mais je veux mon­trer ma co­lère », ré­ponds Chloé.

Dans ce groupe, comme dans les ly­cées mo­bi­li­sés hier à Pa­ris, on tire des bords : quand cer­tains se concentrent sur le re­jet de l’ex­trême droite, d’autres ma­ni­festent contre l’af­fiche du se­cond tour tout en­tière, et se re­fusent à choi­sir « entre la peste et le cho­lé­ra », as­sène Louise. De­vant le ly­cée Voltaire, hier, une ban­de­role pro­cla­mait : « Ni Le Pen ni Ma­cron, ni pa­trie ni pa­tron ».

Ca­mille, mé­len­cho­niste re­ven­di­quée, les re­jette en bloc. « Je ne pour­rais pas vo­ter Ma­cron, il va contre toutes mes convic­tions, ce se­rait comme un viol », af­firme cette étu­diante en arts, qui pré­fère s’abs­te­nir. El­sa, 15 ans, en se­conde au ly­cée Tur­got, vo­te­rait blanc, si elle le pou­vait. Dans le groupe de Zoé, on hé­site.

« Il y a un pro­blème dé­mo­cra­tique dans notre pays », es­timent les co­pines, at­ter­rées que leurs pa­rents « de gauche » aient vo­té pour le can­di­dat d’En Marche ! « sous l’influence des son­dages » et du vote utile. « Ma­cron ne pense qu’aux puis­sants », re­grette Ma­thil­da. Une autre manifestante, jeune ma­jeure, chan­ge­ra son bul­le­tin Mé­len­chon du pre­mier tour, contre un ti­cket Ma­cron, sans hé­si­ta­tion. « S’abs­te­nir reviendrait à don­ner une voix à Ma­rine Le Pen, ex­plique-t-elle, mine fer­mée. Mais je suis en co­lère. Vrai­ment. » A par­tir du 1er oc­tobre pro­chain, va­po­ter pour­ra vous coû­ter cher. Entre 35 € et 150 € d’amende si vous êtes sur­pris ci­ga­rette élec­tro­nique au bec dans cer­tains lieux ac­cueillant du pu­blic, comme les éta­blis­se­ments sco­laires ou les trans­ports en com­mun. Au tra­vail, le va­po­tage reste pos­sible dans les bu­reaux in­di­vi­duels mais pas dans les open spaces. Il est aus­si au­to­ri­sé dans les bars et les restaurants.

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