« Pa­thé­tique que ça soit al­lé si loin »

TEN­NIS Ca­ro­line Gar­cia, vi­ve­ment cri­ti­quée pour son choix de ne pas jouer la Fed Cup avec l’équipe de France, as­sure avoir fait le tri dans ses re­la­tions.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - PROPOSRECUEILLISPAR CA­ROLE BOUCHARD

TJ’EN AI MA DOSE DES GENS QUI JUGENT CRI­TIQUENT” ET QUI

ou­jours bles­sée au dos (in­flam­ma­tion du nerf scia­tique), Ca­ro­line Gar­cia, 24e mon­diale, es­père re­prendre à Ma­drid (6-13 mai). Et conti­nue d’as­su­mer son choix d’avoir dit non à la Fed Cup cette sai­son pour pri­vi­lé­gier sa car­rière en simple et ac­cro­cher le top 10. Comment va votre dos ?

CA­RO­LINE GAR­CIA. C’est un long che­min. Je n’ai pas re­pris la ra­quette, je passe quatre heures par jour à la gym. Ce n’est pas vrai­ment ce qu’on at­ten­dait comme sai­son mais ça per­met de re­la­ti­vi­ser, d’ap­prendre la pa­tience, la ges­tion de la frus­tra­tion… Cette po­lé­mique sans fin au­tour de la Fed Cup n’a pas dû ai­der… C’est sûr que j’ai vé­cu de meilleurs mo­ments. En fé­vrier (NDLR : lors du 1 er tour per­du contre la Suisse), ça m’avait plus bles­sée, alors que là je m’at­ten­dais un peu à tout. Ce­la m’a aus­si per­mis de voir qui est au­tour de moi dans les mo­ments dif­fi­ciles. Tu res­treins un peu ton champ de per­sonnes de confiance. Pen­siez-vous avoir de meilleures re­la­tions avec les filles de l’équipe ? Ali­zé Cor­net a dit qu’entre votre pré­sence l’an pas­sé en fi­nale et votre ab­sence cette an­née, elle était pas­sée de « rien à rien »… Quand je re­pense à la fi­nale à Stras­bourg, je me dis qu’on avait un peu plus que rien, mais c’est comme ça. Sû­re­ment une er­reur de ju­ge­ment de ma part. Par­fois, ça me donne l’im­pres­sion d’une tempête dans un verre d’eau. Elles peuvent bien pen­ser que je ne suis pas vrai­ment bles­sée (convo­quée par Noah pour le match de bar­rage contre l’Es­pagne, elle avait dû faire consta­ter sa bles­sure au dos) mais moi je sais ce que j’ai. Avez-vous re­gar­dé ce bar­rage entre la France et Es­pagne ? Juste le der­nier simple de di­manche. J’ai twee­té un mes­sage de fé­li­ci­ta­tions car j’étais contente que la France se main­tienne dans le groupe mon­dial. Même si je ne suis pas sur le ter­rain, je suis der­rière mon pays et der­rière mon équipe. Peu im­porte ce que les gens peuvent pen­ser. En France, on prend sou­vent en exemple les sports col­lec­tifs pour mettre en avant l’amour du maillot... Chaque jour, je re­pré­sente la France sur le cir­cuit. Le ten­nis, c’est com­plè­te­ment dif­fé­rent du foot ou du bas­ket. J’ai mon­tré ces quatre der­nières an­nées com­bien j’aime jouer pour mon pays. C’est dé­ce­vant de voir que les gens ou­blient. Quant à ma dé­marche, c’est nou­veau comme dé­ci­sion dans le ten­nis fran­çais, mais c’est cou­rant ailleurs. Il faut que les choses changent car le ten­nis est de­ve­nu plus in­tense, et tu as be­soin de phases de ré­cu­pé­ra­tion. Ce­la ne veut pas dire qu’on n’aime pas son pays. Avez-vous été sur­prise que votre cas et ce­lui de Jo-Wil­fried Tson­ga n’aient pas été trai­tés de la même ma­nière par Yan­nick Noah ? Je ne connais pas tous les dé­tails, mais oui ça a été éton­nant car c’était un peu le même prin­cipe. Avec No ah, on avait eu des contacts à Mia­mi (fin mars-dé­but avril). Me re­trou­ver sur

la liste (des sé­lec­tion­nées) a été un peu étrange car ils sa­vaient que j’étais bles­sée. Noah a dit après la ren­contre que les choses étaient al­lées trop loin : ce­la va dans le bon sens tant des dé­ci­sions et pa­roles ont été mal­adroites, voire bles­santes. C’est un peu pa­thé­tique que ça soit al­lé si loin. Quand on a été ai­dé par la FFT, doi­ton être obli­gé de jouer la Fed Cup ? Obli­ger les joueuses à jouer n’a pas vrai­ment de sens. Se­lon les aides per­çues, d’une joueuse à une autre, ça peut va­rier de 1 à 100 ! Cer­taines ont re­çu 1 en aide et sont de­ve­nues des top joueuses, alors que d’autres ont re­çu 100 et n’ont pas per­cé. Les top joueuses fran­çaises sont res­pon­sables de leur car­rière. Avez-vous re­çu du sou­tien ? Des échanges avec Amé­lie Mau­res­mo, votre an­cienne ca­pi­taine ? J’ai re­çu beau­coup de mes­sages de sou­tien sur les ré­seaux so­ciaux et du monde du ten­nis. Avec Amé­lie, on a dis­cu­té un pe­tit peu mais c’est per­son­nel, alors je n’en par­le­rai pas (rire). Avez-vous sui­vi le re­tour de Ma­ria Sha­ra­po­va ? Il y a beau­coup de gens qui jugent, qui cri­tiquent et moi, j’en ai ma dose des gens qui jugent et qui cri­tiquent (ri

res). Doit-on l’in­vi­ter à Ro­land-Garros ? Je n’en sais rien… Elle a pur­gé sa peine, a un pal­ma­rès et un nom qui parlent pour elle. Peut-être que la wild card pour les qua­li­fi­ca­tions se­rait un bon com­pro­mis. Et Se­re­na Williams est en­ceinte… Je pense que tout le monde a été sur­pris, mais je suis contente pour elle. Re­ve­nir de gros­sesse, d’autres joueuses l’ont fait avec suc­cès. Aza­ren­ka va bien­tôt re­ve­nir. Comment se­rez-vous ac­cueillie par le pu­blic à Ro­land-Garros, et les autres joueuses fran­çaises à votre re­tour ? Je peux me re­gar­der en face car j’ai tou­jours tout don­né en Bleu. J’ai re­çu de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de ten­nis une distinction l’an pas­sé pour mon en­ga­ge­ment dans cette com­pé­ti­tion. Je pense que j’ au­rais en­core des en­cou­ra­ge­ments par­tout. Après la Fed Cup et son at­mo­sphère un peu stres­sante, c’est le re­tour sur le cir­cuit, et là c’est plus calme !

CE­LA M’A PER­MIS DE VOIR QUI EST AU­TOUR DE MOI DANS LES MO­MENTS DIF­FI­CILES”

Ca­ro­line Gar­cia es­père re­prendre la com­pé­ti­tion au tour­noi de Ma­drid (6-13 mai).

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