Lu­cas - Cris­tiane, ami­ca­le­ment vôtre

Quand la star des fé­mi­nines du PSG de­vise avec le Bré­si­lien le plus ca­pé du club, il est for­cé­ment ques­tion de leurs ra­cines com­munes et de leurs ex­pé­riences res­pec­tives. Mais pas seule­ment.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - PROPOS RECUEILLIS PAR BER­TRAND MÉTAYER ET LAURENT PERRIN

FOOTBALL. L’at­ta­quante bré­si­lienne du PSG, op­po­sée de­main à Bar­ce­lone en de­mi­fi­nale re­tour de la Ligue des cham­pions, a échan­gé à bâ­tons

rom­pus avec son com­pa­triote.

DE­MAIN, dans l’en­ceinte du Parc des Princes, les feux des pro­jec­teurs se­ront no­tam­ment bra­qués sur Cris­tiane. L’at­ta­quante bré­si­lienne ten­te­ra de va­li­der, contre Bar­ce­lone, le ti­cket pour la fi­nale de la Ligue des cham­pions. Un tra­jet pour Car­diff bien em­bar­qué après le suc­cès en Ca­ta­logne à l’al­ler (3-1). Mais face aux Blau­gra­na, rien n’est ja­mais ac­quis d’avance. Lu­cas a payé pour le sa­voir le 8 mars.

A quelques jours de ce choc eu­ro­péen, les deux com­pa­triotes, ori­gi­naires de la ré­gion de São Pau­lo, se sont re­trou­vés au camp des Loges pour un échange à bâ­tons rom­pus. Les filles ont-elles pour obli­ga­tion d’ef­fa­cer l’af­front face à Bar­ce­lone ?

LU­CAS. On ne peut pas com­pa­rer ces deux confron­ta­tions. On n’a pas pen­sé une seule fois à l’idée de ven­geance. Les filles réa­lisent une su­perbe cam­pagne eu­ro­péenne. On es­père qu’elles iront au bout.

CRIS­TIANE. On n’y a pas son­gé non plus. Il s’agit juste d’un se­cond match, d’une autre ren­contre avec un ti­cket pour la fi­nale au bout. Ce n’est pas com­pa­rable aux rencontres des gar­çons. Quand on a connu notre adversaire, on a sur­tout eu à l’es­prit la dif­fi­cile confron­ta­tion de l’an der­nier (0-0, 1-0 en quarts). Bar­ce­lone chez les filles n’a pas la même au­ra. Le foot fé­mi­nin est en train de se dé­ve­lop­per en Es­pagne. L’école bar­ce­lo­naise existe. Elles

es­saient­même jeu donc très de tech­nique.mettre en place le Que re­pré­sente Cris­tiane au Bré­sil ?

LU­CAS. Une ré­fé­rence. Elle a des qua­li­tés ex­cep­tion­nelles. Son ta­lent est in­con­tes­table. Il n’y a pas que Mar­ta (NDLR : élue cinq fois meilleure joueuse du monde). Chez nous, le football fé­mi­nin est très po­pu­laire et Cris­tiane est l’une des stars de la sé­lec­tion. Sa­vez-vous que Lu­cas est le joueur bré­si­lien à avoir joué le plus de matchs au PSG (219) ?

CRIS­TIANE. Bien sûr. C’est une grande fier­té pour les Bré­si­liens. Je connais Lu­cas de­puis São Pau­lo, quand il était très jeune. J’étais dé­jà ad­mi­ra­tive. Ar­ri­ver à ce re­cord est in­croyable. C’est une preuve de son ta­lent. Et pour vous, que re­pré­sente ce re­cord ?

LU­CAS. Il y a un rap­port par­ti­cu­lier entre le PSG et le Bré­sil. Des joueurs très im­por­tants ont mar­qué l’histoire du club comme Rai ou Ro­nal­din­ho. C’est une grande fier­té de les avoir dé­pas­sés sur ce plan-là. Je re­mer­cie Dieu. J’ai beau­coup d’af­fec-

tion pour ce club, ce maillot et ses sup­por­teurs. Comment ex­pli­quez cette re­la­tion par­ti­cu­lière entre Pa­ris et le Bré­sil ?

LU­CAS. Ce­la a tou­jours bien fonc­tion­né. Les Bré­si­liens aiment les Fran­çais et Pa­ris, une ci­té ma­gni­fique. C’est LA ville ro­man­tique par ex­cel­lence. On s’y sent bien. Il y a tou­jours une émo­tion par­ti­cu­lière ici. A chaque coin de rue, on est émer­veillé. Tous les Bré­si­liens rêvent de Pa­ris. Votre pays vous manque-t-il ?

CRIS­TIANE. La cha­leur, si ! (rires) Plus sé­rieu­se­ment, c’est sur­tout la fa­mille et mes amis qui me manquent beau­coup. C’est dif­fi­cile de ne pas les voir au quo­ti­dien.

LU­CAS. Moi aus­si je trouve ce­la dif­fi­cile d’être éloi­gné de mes proches. Mais il y a aus­si la convi­via­li­té bré­si­lienne. Nous ai­mons beau­coup nous re­trou­ver et par­ta­ger des mo­ments tous en­semble. Ce­la existe moins ici en France. Vous al­lez re­jouer au Parc dans une ambiance qui pro­met d’être chaude. Ça change quoi ?

CRIS­TIANE. Beau­coup de choses. J’adore les grosses am­biances. No­tam­ment lors des Coupes du monde ou aux Jeux olym­piques où j’ai vé­cu des mo­ments ex­tra­or­di­naires. J’ai d’ailleurs été éton­née que ce ne soit pas tou­jours le cas en France au­tour des matchs des filles. Une ren­contre comme celle-ci au Parc per­met de mettre en lu­mière le foot fé­mi­nin. J’ai­me­rais que l’in­té­rêt pour notre sport soit plus im­por­tant ici. Et quand il y a du monde, ce­la

nous mo­tive tout en met­tant un peu de pres­sion à l’adversaire. Vous adhé­rez à ce dis­cours ?

LU­CAS. C’est tou­jours mieux de jouer dans un stade plein qui nous en­cou­rage. Dans un cli­mat apai­sé bien sûr. Cette sai­son, les ul­tras sont de re­tour au Parc et on sent la dif­fé­rence. Ce­la nous donne da­van­tage de force. On aime ça. Quel stade vous a le plus mar­qué ? LU­CAS. Mo­rum­bi, non ? (NDLR : le stade de São Pau­lo).

CRIS­TIANE. Mal­heu­reu­se­ment, je n’y ai ja­mais joué (sou­rires) ! J’en ai connu bien d’autres. C’est dif­fi­cile d’en res­sor­tir un seul. Le Parc des Princes ? C’est un stade gé­nial. Je vais y jouer pour la qua­trième fois. C’est ex­cep­tion­nel pour nous. J’en suis très fière. C’est par­ti­cu­lier pour toutes les filles du club de jouer dans cette en­ceinte. Comment pré­pa­rez-vous vos matchs ?

LU­CAS. Je pense à la ren­contre, à ses en­jeux et à l’adversaire. J’ima­gine aus­si par­fois des dribbles que je pour­rais faire. J’es­saie d’avoir tou­jours une pen­sée po­si­tive, de gar­der de l’op­ti­misme. Et je prie aus­si tou­jours avant de ren­trer sur le ter­rain

CRIS­TIANE. Je me concentre en écou­tant de la musique bré­si­lienne, bien sûr, de la va­rié­té, mais aus­si de la sam­ba un peu co­ol. Ce se­rait mieux qu’il y ait un peu plus d’ambiance dans le ves­tiaire et qu’on puisse mettre la musique as­sez fort, mais le coach ne veut pas (rires).

LU­CAS. Chez nous, c’est dif­fé­rent. Il y a tou­jours de la musique dans le ves­tiaire. Avant et après les matchs.

Bon, après, ce­la dé­pend sur­tout du ré­sul­tat (sou­rires). Sur le choix des mor­ceaux, je ne suis pas dif­fi­cile. Par­fois, je n’aime pas trop. Mais j’ai une oreille plu­tôt conci­liante. Quel est votre plus beau but ?

CRIS­TIANE. C’était avec la sé­lec­tion lors de la Coupe du monde 2007 en quart de fi­nale contre l’Aus­tra­lie. Nous me­nions de deux buts avant que les Aus­tra­liennes n’éga­lisent à 2-2. Je ré­cu­père un bal­lon dos au but au mi­lieu de quatre ad­ver­saires, je me re­tourne et je frappe de 20 m en pleine lu­carne. Du droit en plus, alors que je suis gau­chère. On se qua­li­fie là-des­sus !

LU­CAS. Avec Pa­ris, c’était contre Saint-Etienne en Coupe de France l’an­née der­nière. Je dribble trois joueurs avant de mar­quer en force. Mais mon plus beau, ça reste avec São Pau­lo contre Mi­ras­sol. J’éli­mine quatre ad­ver­saires, puis le gar­dien avant de mar­quer.

TOUS LES BRÉ­SI­LIENS RÊVENT DE PA­RIS » LU­CAS J’AI­ME­RAIS QUE L’IN­TÉ­RÊT POUR LE FOOT FÉ­MI­NIN SOIT PLUS IM­POR­TANT ICI » CRIS­TIANE

Camp des Loges (Saint-Ger­main-en-Laye), lun­di. Lu­cas et Cris­tiane ont dis­cu­té le plus sim­ple­ment du monde dans la bonne hu­meur.

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