Im­pos­sible n’est pas Boos­tee

Il est la sen­sa­tion du mo­ment, n’a que 21 ans et dé­jà un parcours d’achar­né der­rière lui. Ren­contre.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - EMMANUELMAROLLE

n’a peur de rien. « Il est hors de ques­tion que la vie m’im­pres­sionne », chante-t-il dans « Let Me Love » l’un de ses tubes avec « Pop Corn » et « Feel Alone », ex­traits de son pre­mier al­bum « Blues­ky » qui vient de sor­tir. Un disque de la­beur, au pre­mier sens du terme, ar­ra­ché au mé­rite, à l’obs­ti­na­tion. Il est comme ça Boos­tee, de son vrai nom Meh­di Ca­len­dreau, 21 ans, ar­ri­vé de Cho­let (Maine-et-Loire) où il ha­bite tou­jours. « En­fin pas très loin, dans la cam­pagne », pré­cise-t-il de son dé­bit mi­traillette.

« J’ai tou­jours par­lé vite. Quand j’étais pe­tit, j’avais peur que l’on me coupe la pa­role. » Il l’a prise très tôt, en 6e, en dé­cou­vrant le rap à tra­vers l’amé­ri­cain Bow Wow, jeune pro­dige du hip-hop. « Il avait 13 ans, mon âge à l’époque. Je me suis dit : s’il le fait, pour­quoi pas moi ? » Pa­ral­lè­le­ment, il suit des cours de sol­fège et de saxo avec la bé­né­dic­tion d’un pa­pa or­ga­ni­sa­teur d’évé­ne­ments et d’une ma­man sa­la­riée d’une gar­de­rie. « Ils écoutent beau­coup de musique, John­ny Cash, Si­mon and Gar­fun­kel… Ma mère est fan d’El­vis Pres­ley et elle chante. Elle fait les choeurs dans ma chan­son avec ma pe­tite soeur de 16 ans. » La fa­mille aime la musique, mais n’a au­cune en­trée dans le show­biz. Meh­di part de loin mais ne lâche rien. En 3e, il com­mence à en­re­gis­trer ses pre­mières chan­sons en se payant lui­même des jour­nées de stu­dio. Il au­to­fi­nance un pre­mier CD qu’il vend dans son ly­cée. « J’en ai écou­lé 250 dans mon ba­hut. » Un bon dé­but. Mais tout reste à faire. Alors il en­voie des di­zaines, des cen­taines de mails à des pro­duc­teurs, des la­bels. Cer­tains ré­pondent. « J’ai dû faire cin­quante al­lers-re­tours à Pa­ris en co­voi­tu­rage pour ren­con­trer des gens. Mais ça ne dé­bou­chait sur rien. Jus­qu’à ce qu’un at­ta­ché de presse craque sur mes chan­sons et me dise :

» Bin­go. Quelques grosses FM adorent « Feel Alone » qui tourne alors en boucle sur NRJ et Fun Ra­dio. Les mai­sons de disques se ré­veillent. Il fi­nit par si­gner chez Po­ly­dor pour un pre­mier al­bum, « Blues­ky », taillé pour la gloire. Et pour cause, la re­cette de Boos­tee est ha­bile : des mé­lo­dies pop, des cou­plets rap, des re­frains en an­glais et des cou­plets en fran­çais po­si­tifs. On pense à Twen­ty One Pi­lots sur « Kool Kids », aux ri­tour­nelles tech­no de Ky­go ou DJ Snake au dé­tour de « Let Me Love », au cock­tail su­cré de Ma­jor La­zer sur « Pop Corn », qui cu­mule 10 mil­lions de streams et plus de 7 mil­lions de vues sur You­Tube.

Des chan­sons da­van­tage connues que leur au­teur, qui s’est fait tout seul. Jus­qu’à son pseu­do. « L’histoire est to­ta­le­ment ri­di­cule. J’avais 15 ans et tel­le­ment de bou­tons sur le vi­sage qu’il n’y avait plus de place pour la peau. Je cher­chais un nom. J’ai pris le Boo de bou­ton et le Tee de… Ice Tea car j’adore en boire. Quand tu trouves un nom de scène en trois se­condes à 15 ans et que tu sors un al­bum sous ce même nom au­jourd’hui, ça veut dire qu’il faut croire en ses rêves. » « Blues­ky »,

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